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    à Hô Chi Minh-Ville provoque encore des remous

    Vietnam: la nomination de l’administrateur apostolique (051093)

    Le clergé de la ville soutient unanimement la décision de Rome

    Hô Chi Minh-Ville, 5octobre(APIC) Le clergé de Hô Chi Minh-Ville est unanime à soutenir la décision de Rome qui a nommé Mgr Huynh Van Nghi comme

    administrateur apostolique dans l’ancienne Saigon. Une nomination refusée

    jusqu’à présent par le gouvernement vietnamien. Le principal journal de la

    ville, "Saigon Giai Phong" (Saigon libéré) laissait récemment entendre que

    des membres du clergé saigonais - "déclarations" de deux curés à l’appui soutenaient la décision gouvernementale. Une lettre de protestation aux allégations de ce quotidien vient d’être publiée par le curé Nguyên Thien Toan.

    "Je déclare que le contenu de la déclaration rapportée par le journal, les raisons alléguées, comme le vocabulaire employé me sont étrangers". Ils sont totalement contraires à ce que je pense... Je n’ai pas

    l’habitude de parler des desseins, du passé, ou encore des crimes de quiconque, quand cela n’est pas nécessaire, surtout quand je n’ai aucune preuve", écrit le curé vietnamien.

    Le 17 septembre, deux jours après avoir fait connaître publiquement le

    veto du gouvernement, les autorités municipales d’Ho Chi Ming-Ville avaient

    organisé à l’intention d’une centaine de membres du clergé catholique de la

    ville, "une séance d’études" destinée à expliquer et justifier la décision

    du gouvernement. Le lendemain, "Saigon Giai Phong", rendant compte de la

    réunion, publiait "in extenso" les déclarations de deux curés de la ville,

    favorables aux autorités, en réponse à des questions du journal.

    Un démenti vigoureux

    Cette version des faits vient d’être vigoureusement démentie par l’hebdomadaire "Công Giao và Dân Tôc, organe de "Comité d’union du catholicisme", qui consacre plusieurs pages de son numéro du 26 septembre à un reportage d’où il ressort que le clergé de Hô Chi Minh-Ville a fait bloc dans

    son soutien à la décision du Saint-Siège. En particulier les lettres de

    protestation adressées au journal par les deux prêtres vont dans ce sens.

    L’un d’entre eux, le Père Nguyên Công Danh, a expliqué que sa réponse avait

    été des plus discrètes, mais que le journaliste, dans sa version qu’il en a

    rapportée, a volontairement confondu le point de vue de l’Etat avec le

    sien. Le second prêtre mis en cause, le Père Nguyên Thiên Toan, a précisé

    qu’on lui avait demandé son avis par téléphone, mais qu’il avait refusé de

    répondre.

    Dans ce même numéro, l’hebdomadaire catholique rend compte aussi des

    véritables réactions du clergé durant la réunion organisée par les autorités municipales. Le Père Hô Van Vui, un prêtre âgé et bien connu à Saigon,

    qui est intervenu le premier après l’exposé du représentant du Front patriotique de la ville, a fait remarquer qu’il était sans importance que le

    responsable du diocèse soit nommé en qualité d’administrateur (ce qui a été

    la décision du Vatican) ou en qualité de coadjuteur (ce qui était la volonté des autorités). Il a souhaité que des négociations entre les autorités

    et la Conférence épiscopale puissent s’ouvrir à ce sujet.

    Un autre intervenant, le Père Nguyên Hung Oanh, a souligné le caractère

    provisoire d’une nomination d’administrateur apostolique, dont la tâche

    consiste simplement à "surveiller la bonne marche de la maison".

    Les circonstances de la nomination

    Pour sa part, le Père Huynh Công Minh, vicaire général de Mgr Binh et

    ancien député, a fait une longue intervention sur les circonstances de la

    nomination de Mgr Huynh Van Nghi comme administrateur apostolique. Ce sont

    les nouvelles alarmantes sur la santé de Mgr Nguyên Van Binh, l’archevêque

    de Hô Chi Minh-Ville, qui ont motivé la prompte réaction de Rome. Le SaintSiège n’a pas voulu laisser le plus important diocèse du Vietnam sans tête,

    a-t-il dit.

    L’ancien archevêque de Saigon empêché de rentrer au Vietnam

    Au sujet de Mgr François-Xavier Nguyên Van Thuan, archevêque de Saigon,

    nommé à cette charge par Rome en 1975, le Père Minh a déclaré que le Vatican, après avoir nommé un évêque, ne revient jamais sur sa décision sauf

    dans le cas où ce dernier aurait commis une faute quelconque. Le communiqué

    gouvernemental affirmait que le prélat avait "une dette de sang vis-à-vis

    du peuple". "A supposé qu’il ait une dette de sang, a répliqué le Père

    Minh, peut-être pourrait-on l’attribuer à la famille du prélat, mais comment peut-on dire que, personnellement, Mgr Nguyên Van Than a contracté une

    telle dette?", s’est-il exclamé. Il a ajouté que lors d’une rencontre avec

    le prélat à Rome, celui-ci lui avait fait part de son étonnement devant le

    refus des autorités de le laisser exercer son ministère.

    Le Vatican n’a jusqu’à présent pas réagi ni commenté la décision des autorités vietnamiennes, préférant sans doute laisser la parole à l’Eglise

    vietnamienne. On sait cependant que le Saint-Siège, dès les premières négociations du cardinal Roger Etchegaray à Hanoi au mois de novembre 1990, a

    fait savoir aux autorités vietnamiennes qu’il était prêt à nommer Mgr Nguyen van Thuân à d’autres postes encore vacants au Vietnam. (apic/eda/ba).

    Centre catholique des médias Cath-Info

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