Vietnam: L’Eglise dénonce les entraves à la liberté religieuse (230691)
Contribution des évêques au Congrès du parti communiste (24/27 juin)
Hanoï/Paris, 23juin(APIC) Alors que le 7ème Congrès du parti communiste
vietnamien (PCV) doit se tenir tout prochainement (du 24 au 27 juin), les
évêques catholiques du Vietnam ont décidé de prendre part au débat général
qui le précède. S’ils reconnaissent que le socialisme a proposé de nombreux
idéaux élevés, les évêques vietnamiens relèvent cependant que "partout, la
démocratie politique constitue le souhait le plus ardent du peuple". Ils
affirment également qu’il faut "éviter d’assimiler la patrie avec le socialisme" et dénoncent les entraves à la liberté religieuse au Vietnam.
Depuis le début de l’année, deux documents devant servir de base aux
travaux du Congrès du PCV - "la plate-forme politique" et le "projet de
stratégie" - ont été soumis à la discussion dans de nombreux milieux de la
population. On n’avait pas encore entendu les catholiques, qui représentent
pourtant une part importante (plus de 7 %) et très influente de la population. C’est donc chose faite par l’intermédiaire des évêques qui ont préparé lors de leur réunion d’avril dernier à Hanoï une contribution qu’ils ont
ensuite envoyée au Secrétaire général du PCV.
De la première partie de l’intervention, commente "Eglises d’Asie" (EDA)
l’Agence d’information des Missions Etrangères de Paris (MEP), on retiendra
surtout le souci des évêques vietnamiens de trouver un objectif de développement plus large que le socialisme. On se souvient que lors de l’annonce
officielle de la date du Congrès par le douzième plénum, il a été précisé
que le pays continuerait sur la voie du socialisme. Les évêques ne semblent
pas de cet avis et expriment leur désir de ne pas assimiler patrie et socialisme comme ils furent souvent invités à le faire dans le passé. L’ancien premier ministre Pham Van Dong n’avait-il pas déclaré en 1983 à l’occasion de la fondation du Comité d’Union des catholiques patriotes : "Actuellement, aimer sa patrie, c’est aimer le socialisme (...). Ne pas comprendre cette vérité, c’est démontrer que l’on n’est ni bon Vietnamien, ni bon
catholique...".
Dans la deuxième partie, poursuit EDA, sans ignorer les nombreux autres
problèmes qui assaillent le Vietnam, les évêques abordent la question religieuse et se livrent, sans le dire, à une critique tout à fait pertinente
du nouveau décret réglementant les activités religieuses. Ils reconnaissent
certes que la Constitution proclame la liberté religieuse, mais affirment
que dans les faits, son application "rencontre de nombreuses difficultés et
obstacles".
Ainsi, relèvent-ils, "les décrets en matière religieuse ont toujours été
très sévères dans leur réglementation des activités religieuses; plusieurs
articles visent davantage à limiter la liberté de culte qu’à la garantir".
Des articles stipulent ainsi qu’un certain nombre d’activités religieuses
doivent, pour avoir lieu, bénéficier d’une permission, par exemple la réparation des églises ou l’ordination des prêtres. "Mais ces permissions sont
rarement accordées", déplorent les évêques vietnamiens. "Parmi les droits
de l’homme, poursuivent-ils, le droit à la liberté religieuse est particulièrement important: c’est bien pourquoi il doit être scrupuleusement respecté et considéré comme un droit et non comme un privilège". (apic/eda/be)