Vietnam: des écoles pour les enfants des rues à Hô Chi Minh-Ville (200792)
Hô Chi Minh-Ville, 20juillet(APIC) Près de 2’000 enfants des rues de Hô
Chi Minh-Ville, ceux que les Vietnamiens appellent "bui doí" (poussières de
la vie), ont été scolarisés durant l’année scolaire 1991/92, grâce à plus
de 20 classes spéciales ouvertes et tenues par les religieuses de diverses
congrégations de cette ville. Ces classes, officiellement appelées "classes
de l’affection" (lop hoc tinh thuong) accueillent des enfants orphelins ou
sans famille, mais aussi, le plus souvent, des gosses de familles sans domicile, qui vivent sur les trottoirs, sur les places publiques ou dans les
bidonvilles et les quartiers insalubres de certains arrondissements de
l’ancienne Saïgon.
Après l’ouverture des écoles maternelles, celle de ces "classes de l’affection" constitue une seconde étape importante pour les religieuses. Et
les Soeurs de Saint Vincent de Paul ne sont désormais plus seules dans
l’accomplissement de leur travail puisque un grand nombre de congrégations
ont décidé d’emboîter le pas pour leur venir en aide. L’initiative est appréciée des autorités qui y voient un moyen de lutter contre la désaffection toujours plus grande de la population enfantine de la ville pour
l’école.
L’objectif de ces classes est d’amener les élèves à un niveau scolaire
tel qu’ils puissent fréquenter les écoles officielles comme les autres enfants de leur âge plus favorisés. Mais le niveau scolaire ne constitue pas
le seul problème auquel doivent faire face les éducatrices religieuses. Ces
enfants, en raison de leurs origines, sont souvent démunis de tout papier,
sans livret familial et sans aucun moyen financier, alors que désormais,
toutes les écoles publiques sont payantes au Vietnam. Une non gratuité de
l’éducation qui entraîne la désaffection des enfants des familles pauvres
pour l’école. Les religieuses sont souvent amenées à s’occuper des familles
pour essayer de compenser le manque à gagner causé par la scolarisation des
enfants qui exerçaient auparavant un petit métier.
C’est au mois de novembre 1988, avec l’approbation et les encouragements
du Front patriotique, que les filles de la Charité avaient fondé la première "classe de l’affection" dans leur couvent de la rue Tu Xuong. La première année, la classe réunissait 18 jeunes gens dont l’âge moyen avoisinait les 15 ans. Pour limiter les effectifs de la classe à 30 élèves, les
responsables furent peu après obligés de refuser un grand nombre de demandes. En 1990, les filles de la Charité ouvraient 3 autres classes, puis,
dans les mois suivants, 6 autres encore. (apic/eda/pr)