Vietnam : Décès de l’archevêque catholique de Hanoi (200590)
Hanoi, 20mai(APIC) Le cardinal Joseph Marie Trinh Van Can, archevêque
catholique de Hanoi, capitale du Vietnam, est décédé vendredi à l’âge de 69
ans des suites d’un infarctus, a annoncé dimanche l’archevêché de Hanoi.
Des centaines de fidèles catholiques, la tête ceinte d’un bandeau blanc en
signe de deuil, ont rendu un dernier hommage au cardinal dans une chapelle
latérale de la cathédrale. L’enterrement de Mgr Trinh Van Can, président de
la Conférence épiscopale du Vietnam jusqu’en décembre dernier, est prévu
pour mercredi.
Après des études théologiques, Trinh Van Can est ordonné prêtre à Hanoi
en 1949. Il est consacré évêque en 1963 avant d’être nommé archevêque de
Hanoi en 1978. Il fut créé cardinal par Jean Paul II lors du Consistoire du
30 juin 1979. Durant plusieurs années, le cardinal Trinh Van Can a été soumis, à l’instar de nombre de ses confrères, à l’isolement et à une forme de
résidence surveillée, dans le but d’amener, selon les autorités, l’Eglise
catholique à "une attitude positive face à la reconstruction du Vietnam libéré et de ramener à la raison les éléments réactionnaires".
Des catholiques "patriotes" contestés
Le cardinal Trinh Van Can s’était opposé avec d’autres évêques vietnamiens à la mise sur pied par le gouvernement communiste en 1983 d’un "Comité d’Union des catholiques patriotes", rappelant que c’était une organisation politique dont les prêtres ne peuvent pas faire partie, selon les
prescriptions du droit canon. Ce "Comité d’Union des catholiques patriotes"
prend d’ailleurs, selon les observateurs, beaucoup trop de place, puisqu’il
veut être l’intermédiaire obligé de l’Eglise face à l’Etat et qu’il n’est
pas représentatif de ses aspirations et de ses intérêts. Des prêtres et des
laïcs, dans une lettre adressée l’an dernier à la Conférence épiscopale du
Vietnam, qualifiaient même le Comité de "nuisible" à l’Eglise. Dans ses
statuts de 1983, le Comité doit "contribuer à la mobilisation du patriotisme des catholiques pour qu’avec le peuple tout entier, ils édifient d’une
manière positive et défendent la patrie socialiste vietnamienne".
Les membres du Comité d’Union, qui affirment leur "communion totale à
l’Eglise catholique de Rome" - se défendent cependant d’être dans la même
position que l’Association patriotique des catholiques de Chine (APCC), qui
procède, depuis sa rupture avec Rome en 1957, à l’élection et à la consécration des évêques de Chine sans l’accord des autorités vaticanes. Bien
que le gouvernement vietnamien, contrairement aux autorités de Pékin, n’interdise pas formellement les relations entre les quelque 4 ou 5 millions de
catholiques du Vietnam et le Vatican, les 35 évêques vietnamiens rencontrent souvent des difficultés pour accomplir leur visite quinquennale "ad
limina" à Rome. Malgré les obstacles qui subsistent, la Conférence épiscopale vietnamienne, lors de sa dernière réunion en décembre dernier, a cependant manifesté un certain optimisme face à des signes d’ouverture du régime. (apic/eda/kna/ucan/be)