Rome, 17juin(APIC) 117 martyrs vietnamiens seront canonisé à Rome par
Jean Paul II dimanche 19 juin. Ces martyrs, béatifiés sous différents papes, font partie des 130’000 chrétiens morts pour leur foi au Vietnam. Il y
a parmi eux des évêques, des prêtres, des religieux, des catéchistes et des
laïcs de différentes origines.
Le plus grand nombre d’entre eux furent décapités, d’autres furent
étranglés, écartelés ou moururent en prison après avoir été torturés. Ils
furent martyrisés entre 1740 et 1883. 59 d’entre eux appartiennent à la
mission des dominicains et 58 à celle des Missions étrangères de Paris. On
compte parmi eux 96 Vietnamiens, 11 dominicains espagnols et 10 membres des
Missions étrangères de Paris.
Les persécutions contre l’Eglise
La période des persécutions a duré 260 ans au Vietnam, douze ans de plus
que dans l’Empire romain. On peut distinguer quatre étapes : les seigneurs
Trinh-Nguyen publièrent 25 édits contre les chrétiens; la dynastie Tay-Son
fit 30’000 martyrs à la findu 18ème siècle; les empereurs Nguyen Minh-Mang
(1820-1841), Thieu-Tri et Tu-Duc (1847-1883) firent 40’000 martyrs; le mouvement Van Than fit 60’000 martyrs de 1885 à 1886. La cause principale de
ces persécution était d’ordre religieuse. On accusait les adeptes de cette
religion importée d’Occident de provoquer la colère de dieux quand se produisaient des sécheresses ou des inondations. S’y ajoutèrent la crainte du
pouvoir local devant les idées venues de l’étranger qui représentaient une
menace pour la société organisée selon les principes confucianistes. Le
pouvoir en place redoutait aussi que les étrangers soutiennent l’opposition
dans le pays.
L’histoire de l’Eglise du Vietnam
Dès la fin du XVème siècle les commerçant ouvrirent les premières routes
vers l’Asie orientale. Les missionnaires les suivirent bientôt. En 1553,
les chroniques signalent la présence d’un missionnaire à Bui Chu, au
Vietnam du Nord. Des franciscains arrivèrent de Manille en 1584, mais ils
furent expulsés peu de temps après. Les dominicains tentèrent une première
entreprise missionnaire au Sud au tournant du siècle, mais sans succès
durable.
Les choses changèrent avec l’arrivée des jésuites à Da-Nang, en 1615, et
à Cua Bang, dans la province de Than-Hoa en 1627. Ils formèrent des
catéchistes originaires du pays et transcrivirent l’écriture vietnamienne
en caractères latins, ce qui leur permis de rédiger des catéchismes et des
livres de prière dans la langue du pays. La communauté chrétienne compta
bientôt plusieurs dizaines de milliers de fidèles.
En 1659, le pape Alexandre VII érigea deux diocèses, Dang Trong dans le
sud et Dang Ngoai dna le Nord, confiés à des évêques des Missions
étrangères de Paris. Les premiers prêtres vietnamiens furent ordonnés en
1668. Quelques années plus tard fut fondée la congrégation religieuse
locale des Oblates de la Sainte Croix, qui allait jouer un rôle
missionnaire important et connaître un grand développement.
Deux religieux dominicains, Juan de Santa Cruz et Juan Arjona furent envoyés de Manille au Vietnam et en 1693 le diocèse de Dang Ngoai (Tonkin)
fut confié au même ordre religieux. Les augustins arrivèrent au Tonkin en
1700, suivis par les franciscains. Vers 1750 , le nombre des chrétiens est
estimé à 300’000. Mais ce nombre stagna à cause des persécutions. Les
persécutions cessèrent définitivement avec l’occupation française.
Dans les années qui suivirent la fin des persécutions, l’Eglise se
développa rapidement. De 9 diocèses et 500’000 fidèles en 1888, on passa
assez vite à 14 diocèses et 1’300’000 fidèles dans le premier quart du
XXème siècle.
En 1954, le pays fut divisé en Nord et Sud. Près de 600’000 catholiques
quittèrent alors le Nord communiste. Au Sud, l’Eglise se développa rapidement. En mai 1960, trois archidiocèses furent institués, Hanoi, Saigon (aujourd’hui Ho Chi Minh-Ville) et Huê. En 1975, le Vietnam fut réunifié sous
le régime marxiste, ce qui entraîna un nouvel exil. En 1976, Mgr Trinh Van
Can, archevêque de Hanoi, devint le premier cardinal vietnamien. on comptait en 1975 près de 6 millions de fidèles dans le pays. Ils représentent
aujourd’hui un peu moins de 10 % de la population. (apic/cip/ym)