"La foi de l’Eglise", un catéchisme pour adultes
Sous l’égide des évêques français, belges et suisses
Bruxelles, 11novembre(APIC/CIP) La Conférence épiscopale allemande a
publié, en 1985, un "Catéchisme pour adultes", dont le succès s’affirme de
mois en mois : plus d’un demi-million d’exemplaires diffusés à ce jour. A
la demande et sous le patronage des Conférences épiscopales de Belgique, de
France et de Suisse, le premier volume des deux tomes prévus pour cet
ouvrage vient d’être traduit en français sous le titre : "La foi de l’Eglise".
Imprimé par les éditions Brepols en Belgique, et édité conjointement par
elles ainsi qu’au Cerf et au Centurion à Paris, le premier volume , centré
sur le contenu de la foi chrétienne telle que l’exprime le credo, sera suivi prochainement par un second ouvrage, portant sur la vie et le comportement éthique des catholiques.
Un document de référence
Le succès rencontré en Belgique, mais aussi a l’étranger, par le "Livre
de la foi" élaboré par l’épiscopat belge n’a pas empêché le cardinal
Godfried Danneels (Malines-Bruxelles) de plaider aussi en faveur d’une traduction du catéchisme allemand, dont il cosigne la préface avec ses collègues français (Mgr Jean Vilnet) et suisse (Mgr Henri Schwery). En effet,
malgré ses 160.000 exemplaires français et ses 250.000 exemplaires néerlandais diffusés en neuf mois, le "Livre de la foi" a laissé en partie un certain nombre de lecteurs sur leur faim. Conçu comme un "livre d’initiation"
destiné au grand public, cet ouvrage "concis et proche de la vie" ne
prétendait pas offrir un exposé exhaustif de la doctrine chrétienne, tout
en parcourant les principales questions relatives à la connaissance du Dieu
de Jésus-Christ, à la compréhension de la prière et des sacrements, à l’approfondissement de la morale catholique.
"Qu’un tel ouvrage laisse des lecteurs sur leur faim est plutôt bon
signe", observe le professeur Roger Gryson, doyen de la faculté de théologie de l’Université catholique de Louvain-la-Neuve. Nombre d’utilisateurs
veulent, en effet, un exposé encore plus nourri afin d’aller plus loin dans
leur approfondissement de la foi."
Le succès du "Catéchisme pour adultes" publié par les évêques voisins en
allemand semble plutôt confirmer le jugement du professeur Gryson, sous la
responsabilité duquel a été faite la traduction de cet ouvrage. "Heureusement qu’un tel ouvrage existait, précise-t-il, car que de travail pour élaborer une présentation aussi complète et systématique de la foi chrétienne.’’
Une foi en Dieu qui répond aux questions de l’homme
Trois grandes parties composent "La foi de l’Eglise". Cette foi se
présente , jusque dans l’organisation du livre, comme une foi trinitaire :
en Dieu le Père, en Jésus-Christ, en l’oeuvre de l’Esprit Saint. Ces trois
parties structurent déjà le credo de l’Eglise depuis les deux premiers conciles oecuméniques, celui de Nicée (325) et celui de Constantinople (381).
Outre cette dimension trinitaire, l’ouvrage présente l’avantage d’une
démarche qui, en suivant le credo traditionnel, "ne s’asservit pas à un
système théologique particulier", constate le professeur Gryson.
"Je crois..." Les premiers mots de la profession de foi de l’Eglise sont
aussi ceux qui ouvrent la première partie du livre. La foi n’y tombe pas du
ciel, mais rencontre au contraire, dès le départ, les questions de l’homme
sur le sens de son existence : son mystère ne le renvoie-t-il pas au
mystère de Dieu ?
Comment dieu se donne-t-il à connaître ? Dans le monde, répond le catéchisme, mais surtout dans sa révélation à travers le peuple d’Israël, la
vie de Jésus-Christ, l’histoire de l’Eglise. En définitive, la foi
chrétienne se présente comme une "adhésion" de l’homme tout entier à cette
révélation, dont les données fondamentales sont contenues dans la bible et
dans la grande tradition de l’Eglise, et ses différents repères dogmatiques.
La première partie débouche sur un long chapitre consacré à Dieu créateur. On y distingue clairement deux types de réflexion : celle du théologien (à commencer par l’auteur biblique) qui exprime sa foi en la création
et celle du paléontologue, qui propose des hypothèses sur l’évolution du
monde et l’origine de l’univers. Deux réflexions qu’il est possible de
réconcilier. Ce chapitre éclaire aussi la difficile question de la foi en
un Dieu d’amour tout-puissant face à l’exprience séculaire du mal.
Une foi en Jésus-Christ, homme et fils de Dieu
Qui est Jésus ? Que peut-on savoir au juste de lui ? Que signifie croire
en lui ? Autant de questions qui sont au coeur de la deuxième partie de ce
"Catéchisme pour adultes". "Une partie solide et très pédagogique", estime
le professeur Gryson. Il précise : "La réflexion se fait toujours en dépendance de l’Ecriture Sainte, et sans esquiver les problèmes d’interprétation
que soulèvent les textes. Au contraire, on formule même au passage quelques
règles simples pour une approche correcte des textes bibliques.’’
Cette partie ne présente pas Jésus, pas plus que Dieu le Père, comme
quelqu’un auquel on adhère sans trop se poser de questions. Celles-ci sont
bienvenues : il s’agit d’abord de découvrir l’homme que fut Jésus historiquement si l’on veut comprendre pourquoi il est mort et pourquoi les premiers disciples de ce Jésus ont osé affirmer sa résurrection et son exaltation comme Seigneur et Fils de Dieu.
Bien entendu, la pensée de l’Eglise a connu des développements importants au fil des siècles. Des définitions dogmatiques essentielles ont été
adoptées à propos du Christ. Ainsi, on s’est interrogé sur la nature humaine et la nature divine de Jésus, ainsi que sur la manière dont il s’est
fait homme et a assumé sa vie d’homme jusqu’au bout. Les problèmes de
compréhension soulevés par des affirmations diverses, entre autres celle
relative à la virginité de la mère de Jésus, ne sont pas passés sous silence, mais brièvement examinés. Ceci dit, le choix de grands ou petits caractères pour la typographie du texte est un indice précieux pour la lecture :
le lecteur saisit d’emblée que tous les éléments doctrinaux ne sont pas à
mettre sur le même pied.
Une foi en l’oeuvre de l’Esprit-Saint
La dernière partie est aussi la plus longue. Elle part de la réalité de
la vie nouvelle dans l’Esprit-Saint, pour montrer comment l’Eglise en est
le sacrement actuel dans l’histoire des hommes. Certes, de nombreux points
de divergence existent entre les chrétiens de différentes confessions quant
à la conception de l’Eglise, des ministères, des sacrements. Ces points
sont traités avec attention, sérénité et respect des points de vue principaux en présence.
Par ailleurs, comme le relève le professeur Gryson, bien des difficultés
se dissipent lorsqu’on les replace dans une perspective historique. C’est
ce que fait volontiers le catéchisme allemand. Plutôt , par exemple, que
d’inviter le lecteur à s’accrocher à de fausses securités liées à la permanence de rites, de formules ou d’institutions, on montre qu’ils sont marqués par la culture et l’époque ou ils sont nés. Non seulement ils sont
susceptibles d’évoluer encore, mais cette évolution peut se révéler indispensable pour qu’ils gardent une signification actuelle.
Bref, ce n’est pas sans raison que les présidents des Conférences épiscopales belge, française et suisse ont salué, dans leur préface commune,
"la manière ferme et claire dont cet ouvrage montre que la foi au Dieu de
Jésus-Christ n’étouffe pas la liberté humaine". Ils ajoutent : "Nous espérons que cet exposé doctrinal solide, bien documenté, fidèle aux enseignements de Vatican II, donnera à beaucoup de chrétiens le goût d’une
intelligence renouvelée de la foi traditionnelle de l’Eglise.’’
"La foi de l’Eglise", édité à Turnhout (Belgique) par BREPOLS et à Paris
par les Editions du Cerf et du Centurion, est un livre de 448 pages, avec
un index des principaux thèmes et noms d’auteurs anciens ou modernes cités.
Jusqu’à la fin de l’année, l’ouvrage est en promotion pour 99 francs français. (apic/bo/be)