Mêmes droits à une patrie pour les Juifs et les Palestiniens Vienne,
24juin(APIC) Rencontrant vendredi matin 24 juin dans les locaux de la
nonciature à Vienne des représentants de la communauté juive autrichienne,
le pape Jean Paul II a rappelé que le peuple juif, tout comme le peuple palestinien, "dont beaucoup sont sans patrie et réfugiés", avait droit à une
patrie. Au cours d’une conférence de presse qui a suivi la rencontre, le
Grand rabbin Paul Chaïm Eisenberg et Paul Grosz, président de la fédération
des communautés israélites d’Autriche, ont révélé que l’atmosphère du dialogue privé qu’ils ont eu avec le pape avait été "grandiose".
Les responsables juifs autrichiens ont demandé au pape la pleine reconnaissance par le Vatican de l’Etat d’Israël. Jean Paul II aurait répondu
qu’il reconnaissait Israël, sans préciser toutefois ce que cela signifiait
au plan politique.
Il y a un demi-siècle, les synagogues étaient en feu à Vienne
Le rapport entre les juifs et les chrétiens s’est "considérablement amélioré" depuis le Concile Vatican II, a constaté le pape au début de la rencontre. Puis il s’est mis à évoquer le passé douloureux de la capitale
autrichienne ou, il y a moins d’un demi-siècle, des synagogues étaient en
feu et des milliers d’hommes conduits à la mort.
Le pape évoque la "Shoah"
Jean Paul II a enchaîné avec le souvenir de ce que les juifs appellent
la "shoah", c’est-à-dire l’extermination de millions de victimes dans les
camps de concentration nazis. Il serait cependant "injuste de mettre ce
crime horrible sur le compte du christianisme", a précisé le pape. Car ces
événements effroyables ont aussi été l’indice d’une volonté destructrice
affichée par un "monde sans Dieu", qui s’en est pris tout particulièrement
aux juifs, mais aussi aux chrétiens, "qui vénèrent dans le juif Jésus de
Nazareth, le Sauveur du monde".
Saluant avec Paul Grosz, président de la fédération des communautés israélites d’Autriche, le progrès du dialogue judéo-chrétien, le pape a souhaité que son passage à Vienne soit pour les juifs comme pour les chrétiens
un signe et un appel, afin que grandissent encore la compréhension et la
confiance réciproques. Il a aussi plaidé pour que se poursuivent la collaboration, notamment à travers des études sur les événements et la signification de la "shoah". "Rappelant au passage que le Saint-Siège avait fermement condamné l’anti-sémitisme bien avant l’apparition du nazisme, Jean
Paul II a encore cité en exemple pour le dialogue judéo-chrétien le Centre
d’information, d’éducation, de rencontre et de prière qui va être érigé en
Pologne et ou l’on fera également des recherches sur la "shoah".
Enfin, en réponse au président Paul Grosz, qui avait demandé que le
Vatican reconnaisse l’Etat d’Israël et noue avec lui des relations
diplomatiques, Jean Paul II a insisté sur le dialogue des chrétiens non
seulement avec les juifs mais encore avec ces autres fils d’Abraham que
sont les musulmans. Et c’est pourquoi, a-t-il fait valoir, le Saint-Siège
entend manifester une égale considération pour le peuple juif dans l’Etat
d’Israël et pour le peuple palestinien. (apic/kpr/be)