Vienne: réactions du cardinal König à la mort de Bruno Kreisky (300790)
Vienne, 30juillet(APIC) A l’occasion de la mort dimanche de l’ancien
Chancelier autrichien Bruno Kreisky, le cardinal Franz König a salué la
contribution qu’a apportée l’ancien homme d’Etat social-démocrate pour la
réconciliation entre les socialistes autrichiens et l’Eglise catholique.
"La stature d’homme d’Etat" de Bruno Kreisky, a ajouté l’ancien archevêque de Vienne, lui a fait sentir la nécessité, dans l’intérêt du pays, de
passer du "Kulturkampf" de l’entre-deux- guerres à la réconciliation entre
la social-démocratie et l’Eglise catholique, d’autant plus que "nous vivons
tous ensemble dans un pays catholique". "Il existait des deux côtés un fort
intérêt pour aller dans cette direction et le temps était mûr pour cela", a
précisé Mgr König.
L’ancien archevêque de Vienne a toujours été d’avis que l’Eglise "ne
doit pas s’allier à des partis politiques, mais qu’elle est là pour tous".
Lors de ses rencontres avec Bruno Kreisky, - d’abord comme secrétaire
d’Etat, puis comme ministre des Affaires Etrangères, enfin comme Chancelier
- ce dernier lui avait toujours donné l’impression qu’il avait un véritable
intérêt à une telle réconciliation. L’ancien chancelier d’Autriche avait
suivi avec intérêt et sympathie le Concile Vatican II et cela lui avait
laissé une forte impression. Cela a sûrement contribué à améliorer le climat, pense le cardinal.
Kreisky : "Je suis agnostique"
Le cardinal König relève que lui-même et Bruno Kreisky se sont rencontrés sur la base du respect mutuel, "mais c’est aussi le fait que ayons
porté nos regards ensemble sur des préoccupations communes dans cette patrie commune qui nous a unis." D’ailleurs Bruno Kreisky avait toujours été
très clair avec lui et lui avait dit ouvertement: "Je suis un agnostique,
c’est-à-dire, je n’ai aucune croyance religieuse, mais je ne suis pas un
athée militant. Je ne suis l’adversaire d’aucune religion ni d’aucune foi."
L’ancien Chancelier avait toujours insisté sur le fait qu’il n’était pas
adversaire de la foi. Une fois il avait même ajouté, presque sur le ton de
la confidence : "Peut-être n’ai-je pas eu la grâce de pouvoir également
croire comme vous", se souvient le cardinal König. (apic/kna/ba)