Vienne: nécessité d’une nouvelle prise de conscience dans l’Eglise (210791)
Vienne, 21juillet(APIC) Une nouvelle prise de conscience de bien des traditions abandonnées après le Concile Vatican II est nécessaire dans l’Eglise, a affirmé le nouvel évêque auxiliaire de Vienne et ancien professeur de
théologie dogmatique à l’Université de Fribourg, le Père dominicain
Christoph Schönborn, dans une interview accordée samedi à la radio autrichienne. L’époque post-conciliaire n’est pas seulement une "renaissance",
mais également une "démolition", a-t-il affirmé.
On s’est beaucoup éloigné dans l’Eglise de ce qui était "une tradition
obscure, figée et qui n’était plus vécue", mais en même temps ont a jeté
par-dessus bord "une grande expérience et la sagesse accumulée depuis des
siècles", a constaté le Père Schönborn. Une réaction était dès lors inévitable. Dans la crise actuelle, née des changements intervenus depuis Vatican II, on cherche "une nouvelle identité" dans l’Eglise, a ajouté le nouvel évêque auxiliaire. C’est pourquoi il importe, selon lui, de "se souvenir du véritable centre commun de la foi" et de répondre à la question de
savoir "ce que signifie être croyant et chrétien dans un monde très sécularisé".
Le Père Schönborn a qualifié d’"euphorie" la tendance au renouveau qui
s’est manifestée dans l’Eglise au cours de ces dernières décennies. Une
"euphorie" qui ne peut tenir à la longue. Le temps de la "désillusion" est
ensuite venu, témoins le nombre important de prêtres ayant quitté le ministère et de consacrés ayant abandonné la vie religieuse depuis Vatican
II. Ces expériences négatives, que le nouvel évêque auxiliaire a aussi vécues comme "une crise personnelle", sont selon lui la clé de compréhension
de nombre de choses qui imprègnent la situation actuelle de l’Eglise catholique.
Si la réaction fut parfois "agressive, parce que née d’une blessure",
elle a remis en mémoire des choses importantes, a affirmé le dominicain. Il
y a des plaies des deux côtés et il faudra encore à l’Eglise "de la patience et une conscience des valeurs durables" pour surmonter la crise actuelle
et retrouver son identité. Ce n’est qu’à partir de cette "identité solide"
qu’elle pourra aller avec une grande ouverture au-devant des question du
temps, vers les autres Eglises chrétiennes et les autres religions.
L’Eglise répond-elle aux aspirations religieuses de notre temps ?
Les discussions toujours plus acharnées à propos des nominations d’évêques révèlent, selon le Père Schönborn, beaucoup d’"attentes cachées de type religieux et social". Même si de l’extérieur on constate un manque d’engagement dans l’Eglise, subsistent dans l’homme des aspirations religieuses
permanentes, ou au moins une "attitude d’attente". Peut-être la déception,
qui s’exprime à l’occasion des nominations épiscopales, est-elle si grande
parce que l’Eglise ne répond pas à ces aspirations religieuses, a souligné
le dominicain. C’est là une grande tâche pour l’Eglise d’aujourd’hui, dont
la "force cachée" ne réside pas dans le pouvoir politique et social, mais
dans sa "vérité religieuse". L’Eglise doit être "un véhicule dans le monde
de Dieu", a-t-il dit, citant le théologien pastoral viennois Paul Zulehner.
Le nouvel évêque auxiliaire de Vienne s’est défini comme "un homme heureux dans l’Eglise et qui s’y sent volontiers chez lui". Un sentiment qui
lui vient de son enfance, durant laquelle il a appris à voir en l’Eglise un
lieu de chaleur, de sécurité et de bonté. (apic/kap/oe/cor)