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    Vienne: Forum européen des laïcs (060790)

    "Une Europe plus humaine: un défi pour les Eglises"

    Vienne, 6juillet(APIC) Le 11e Forum européen des laïcs, qui s’est tenu à

    Vienne du 29 juin au 5 juillet sur le thème "Une Europe plus humaine: un

    défi pour les Eglises" a permis aux quelque 150 délégués venus de 25 pays

    de l’Est et de l’Ouest de réfléchir à la contribution des chrétiens dans le

    développement de l’Est après les récents événements et à leurs responsabilités face à l’Europe de 1992. D’insister aussi pour être étroitement associés au Synode européen convoqué par Jean Paul II pour 1991. Pour la première fois, un Suisse, le tessinois Lorenzo Bassi, a été élu au comité de

    liaison.

    La délégation suisse, forte de sept membres, comprenait, outre le Père

    Roland Trauffer, Dominicain, secrétaire de la Conférence des évêques suisses (CES), Anton Röösli, président du Comité national pour l’apostolat des

    laïcs, Marianne Almonte, secrétaire et Madeleine Rossier, présidente de la

    CRAL (Communauté Romande de l’Apostolat des Laïcs). Le Forum accueillait

    également des représentants du Conseil des Conférences épiscopales d’Europe

    (CCEE), du Comité des Conseils presbytéraux d’Europe, de la Conférence européenne de l’Union des Supérieurs majeurs (CEUSM), du Conseil pontifical

    pour les laïcs et d’organisations internationales catholiques.

    Humaniser l’Europe: la tâche des chrétiens

    Exposés et carrefours se sont succédé, abordant les défis majeurs qui se

    posent à l’Europe d’aujourd’hui et de demain dans la perspective non d’une

    Europe chrétienne, a souligné Madeleine Rossier, mais bien plutôt de chrétiens au coeur de l’Europe. Le Forum était une invitation à ne pas désespérer de l’Eglise, diverse dans ses expressions: outre une messe vécue à

    Bratislava, une célébration oecuménique a rassemblé catholiques,

    protestants et anglicans dans une même prière.

    M. Schneider, d’Autriche, partant du constat que l’économie prend le pas

    sur la politique, a souligné la nécessité pour les chrétiens d’Europe d’humaniser les structures en vivant leur foi au quotidien. Pour Soeur Emma

    Martensen, Soeur de Chambéry, du Danemark, il faut lire les signes des

    temps, choisir la vie et cheminer avec Dieu. Soeur Emma a insisté sur l’accueil des exclus et des réfugiés et jeté un regard rétrospectif sur le Rassemblement oecuménique de Bâle "Justice, Paix et Sauvegarde de la Création", invitant les Européens à reconnaître "les erreurs du passé" que sont

    la colonisation et le manque de respect envers la Création. La théologienne

    britannique Patricia Hilg a tenté de discerner dans le langage d’aujourd’hui les signes d’évangélisation et redit la nécessité d’humaniser les

    milieux de vie pour faire progresser la politique européenne.

    Meilleure connaissance réciproque

    Le Forum a permis l’ouverture de plusieurs régions à la dimension européenne et favorisé une meilleure connaissance des Eglises particulières. Un

    profond souci de continuité s’est fait jour: les participants veulent

    notamment encourager leurs évêques à intégrer les laïcs dans la préparation, le déroulement et l’analyse du Synode européen, convaincus qu’une

    collaboration portera des fruits.

    L’Allemagne de l’Est, la Tchécoslovaquie, la Hongrie et la Roumanie participaient au Forum en tant qu’observateurs. Une première qui a permis aux

    délégués de découvrir en Roumanie "une réalité politique et religieuse dramatique", a précisé Marianne Almonte, insistant sur l’intensité des échanges. Plusieurs pays, dont la Suisse, vont développer leurs contacts avec la

    Roumanie. Les délégations bulgare, ukrainienne et lituanienne étaient absentes faute d’avoir pu obtenir des visas.

    Suisse: tenir compte du tiers monde

    Côté suisse, le Forum a révélé la nécessité de retrouver au sein de la

    délégation des raisons d’exister et l’urgence d’inventer de nouvelles formes de collaboration. La rencontre a été riche, notamment sur le plan des

    contacts personnels et de l’ouverture à l’Europe de demain. Cependant, relève Marianne Almonte, la délégation a regagné la Suisse avec le sentiment

    de n’avoir pas été entendue sur un point qu’elle n’était d’ailleurs pas

    seule à défendre: l’Europe de demain ne se fera pas sans le tiers monde.

    Mais, comme l’a constaté Marianne Almonte, "On n’a pas pu faire sauter le

    verrou". De même, a-t-elle ajouté, il manquait des observateurs du tiers

    monde, qui auraient élargi le regard.

    le Forum européen des laïcs fêtait cette année son vingtième anniversaire. Le président, Ernst Waldstein, qui a été réélu pour deux ans, a saisi

    l’occasion pour présenter un bref historique du Forum. Fondé en 1970 à

    Innsbruck pour fournir aux laïcs européens une plate-forme de discussion,

    le Forum se réunit chaque deux ans dans une ville d’Europe. Les thèmes

    traités rejoignent les préoccupations du temps : évangélisation et libération, immigration, responsabilités des chrétiens dans l’Europe d’aujourd’hui et de demain, construction d’un nouveau mode de vie chrétien en

    Europe, éducation à la paix, laïcs dans l’Eglise et la société. (apic/cor)

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