Vienne : Délégation d’évêques sud-africains en Autriche (140389)
Vienne, 14mars(APIC) "Contrairement à la propagande officielle sud-africaine, l’apartheid est plus vivant que jamais et sa fin n’est pas en vue",
a déclaré Mgr Paul Themba Mngoma, évêque du diocèse sud-africain de Marianhill, lors d’une rencontre lundi à Vienne avec le vice-chancelier autrichien Aloïs Mock, ministre des affaires étrangères. Mgr Mngoma a demandé au
gouvernement autrichien d’appliquer des "sanctions sélectives" pour que
cesse la séparation des races dans son pays.
C’est à l’invitation de la Conférence des évêques autrichiens qu’une
délégation d’évêques catholiques sud-africains séjourne actuellement dans
le pays, dans le but d’obtenir un soutien pour la majorité noire et de demander des sanctions sélectives contre le régime d’apartheid. Une délégation de la Commission autrichienne "Justice et Paix" dirigée par Mgr Florian Kuntner, évêque auxiliaire de Vienne, qui voulait enquêter sur place,
n’avait pas obtenu de visas à la fin de l’année dernière, raison pour laquelle des évêques sud-africains ont été invités en Autriche.
Pour l’évêque de Marianhill, l’Autriche ne devrait pas se laisser tromper par les petites retouches qui ont été faites en matière de relations
interraciales, étant donné que le pilier de l’apartheid - la loi fixant les
zones d’habitation selon des critères raciaux - est toujours en vigueur. Il
a également dénoncé un projet de loi concernant le financement depuis
l’étranger des organisations non-gouvernementales. Cette loi - également
dénoncée par la Commission nationale suisse "Justice et Paix" - permettrait
aux fonctionanires sud-africains de contrôler de manière totale les activités d’organisations ou de personnes privées bénéficiant d’un soutien
matériel de l’étranger. Mgr Mngoma a souligné qu’une telle loi rendrait impossible tout travail anti-apartheid non-violent et limiterait sérieusement
le travail des Eglises dans le domaine des droits de l’homme et de la justice sociale.
Partisan de la non-violence
Mgr Mngoma a déclaré que les évêques catholiques sud-africains étaient
partisans de la voie non-violente dans la lutte contre l’apartheid, tout en
exprimant une certaine compréhension pour le Congrès National Africain
(ANC) qui a choisi la lutte armée après des décennies de combat non-violent
infructueux. Pour l’évêque noir, il ne saurait y avoir abolition de l’apartheid sans droit de vote pour la majorité noire. La tentative du gouvernement blanc de coopter des Noirs - sans élections libres - pour les placer
dans des structures pseudo-démocratiques n’est pas une solution d’avenir.
Mgr Mansuet Biyase, évêque d’Eshowe, dans le Zoulouland, s’est également
prononcé pour des sanctions sélectives devant un groupe de parlementaires
autrichiens. (apic/kpr/be)