Vienne: Conférence sur les droits de l’homme (210693)
Vienne, 21juin(APIC) En matière de respect des droits humains, il faut
souligner désormais la responsabilité solidaire de la communauté internationale, a déclaré Mgr Jean-Louis Tauran, numéro deux de la Secrétairerie
d’Etat, dans un discours prononcé à Vienne devant la Conférence mondiale
sur les Droits de l’Homme.
A l’heure du bilan, le secrétaire pour les rapports avec les Etats a
salué "l’immense labeur accompli par l’ONU et d’autres instances
régionales", ainsi que celui que les organisations non gouvernementales ont
ajouté à "cette oeuvre patiente, résultat du travail souvent caché de
diplomates expérimentés".
Mgr Tauran a d’autant plus regretté les violations actuelles. "Malheureusement, a-t-il poursuivi, si nous regardons autour de nous, nous ne pouvons que constater la présence effrayante d’injustices, de destructions et
de morts qui tenaille aujourd’hui ce monde qui est le nôtre. Trop de personnes ne jouissent pas encore de la liberté de conscience et d’expression.
La liberté de religion est loin d’être partout une réalité. Le sous-développement, les injustices sociales, les dictatures de toutes sortes empêchent encore des millions de femmes et d’hommes d’être partenaires dans le
projet de société dans laquelle ils sont insérés."
Le représentant du Saint-Siège a ensuite illustré son propos en évoquant
deux situations tragiques, mettant en cause la communauté internationale:
"Tout près de nous, en Bosnie-Herzégovine, on peut dire que tous les droits
de l’homme sont systématiquement violés de façon permanente. Un droit
élémentaire tel celui de pouvoir vivre sur le sol où l’on est né n’est même
plus respecté. (...) D’autres violences sont venues ensanglanter une partie
de l’Afrique en Somalie, où des populations exténuées par des années
d’oppression risquent à nouveau de se retrouver victimes de nouvelles
violences, pouvant réduire à néant la crédibilité de ceux-mêmes qui
voulaient les secourir."
Et Mgr Tauran de rappeler que les violations des droits de l’homme sont
autant de menaces qui pèsent sur la paix: "Chaque fois que prévalent les
abus d’autorité, la corruption, la domination des faibles, le refus d’accorder aux gens le droit de participer à la vie et aux décisions politiques, le choix délibéré de la violence et du terrorisme, la paix est en
danger. Chaque fois que ne sont pas respectées la vie, l’intégrité physique, la conscience, la pensée, la foi religieuse, la liberté personnelle de
chaque personne, c’est l’homme qui est menacé. Voilà pourquoi il convient
de redire aujourd’hui ici à Vienne l’importance des droits civils et politiques (...) qui ont besoin d’être accompagnés d’une mise en oeuvre des
droits sociaux, économiques et culturels."
Après avoir rappelé des principes fondamentaux comme l’indivisibilité
des droits de l’homme et l’universalité des droits fondamentaux, Mgr Tauran
a souhaité l’émergence d’"engagements, avec des mécanismes et des organes
de contrôle pour une organisation universelle de la promotion et de la défense des droits fondamentaux de l’homme", parmi lesquels il a cité le
droit à l’autodétermination, les droits des minorités et le droit humanitaire.
Puis Mgr Tauran a formulé "l’espoir que l’actuelle évolution de la pratique du droit international, qui assigne souvent aux organisations comme
celle des Nations-Unies des fonctions d’élaboration et de surveillance du
droit jusqu’alors réservées aux Etats, se poursuivre en écartant une manière surannée d’exercer la souveraineté nationale et en mettant toujours davantage en lumière la responsabilité solidaire de la communauté internationale, dès lors que sont en jeux les droits et les libertés fondamentales de
la personne humaine".
Le représentant du Saint-Siège a conclu en insistant sur l’importance
d’une "véritable éducation aux droits de l’homme", car, a-t-il dit, "si
l’on insiste à juste titre sur la revendication de droits, on ne saurait
perdre de vue les obligations et les devoirs qui y sont liés. Chacun a le
devoir de respecter chez les autres les droits qu’il revendique pour luimême. (apic/cip/cb)