Vienne : Conférence des évêques (110589)
Difficultés et chances dans l’annonce de la foi
Vienne/Paris/Bordeaux, 11mai(APIC) La Conférence qui s’est tenue, dans
les environs de Vienne en Autriche, du 2 au 5 mai, était une "première"
européenne : elle rassemblait en effet autour du cardinal Joseph Ratzinger,
préfet de la Congrégation romaine pour la Doctrine de la Foi, les
représentants des Commissions doctrinales des conférences épiscopales de
toute l’Europe de l’Est comme de l’Ouest.
C’est ainsi que des évêques venus de République Démocratique Allemande,
de Pologne, de Hongrie, de Roumanie et de Yougoslavie, ont pu échanger avec
leurs confrères occidentaux sur les difficultés et les chances de l’annonce
de la foi. Seuls des pays de l’Est, le délégué de Tchécoslovaquie n’avait
pas pu venir "pour raison de santé, non de visa", précise Mgr Pierre Eyt,
archevêque coadjuteur de Bordeaux, qui représentait le Bureau d’Etudes
doctrinales de la Conférence épiscopale française.
Signalons encore que pareilles rencontres se sont déjà tenues à Bogota
(Colombie) pour l’Amérique latine et à Kinshasa (Zaïre) pour l’Afrique et
que d’autres sont prévues pour l’Amérique du Nord et l’Asie.
Le but de cette conférence était de rechercher une meilleur coopération
entre la Congrégation pour la Doctrine de la Foi - "qui a un statut de promotion de la foi, rappelle Mgr Eyt, et de dénonciation de ce qui est propre
à en dénaturer le sens" - et les Commissions doctrinales "qui ne sont pas
des succursales de la congrégation romaine". Il s’agissait donc de préciser
les niveaux de compétence des unes et des autres : "Les commissions nationales ne dépendent pas de la congrégation romaine et la médiation doit être
faite par les présidents des conférences épiscopales".
Les questions ont donc été envisagées dans le contexte européen, en tenant compte de la diversité des situations : "une situation de foi et de
changement qui s’amorce à l’Est, alors que le contexte occidental est marqué par la sécularisation", précise Mgr Eyt. Les évêques ont notamment évoqué les difficultés des épiscopats germanophones face à la contestation des
théologiens que la ’Déclaration de Cologne’ a récemment illustrée".
Pour ce qui est de la contestation des théologiens en France, Mgr Eyt
estime que les questions se posent très différemment : "La lettre des théologiens francophones n’était pas destinée à la publication, rappelle-t-il.
L’attitude est différente. Il s’agit d’une contestation d’une autre nature
faite sur un ton constructif".
Certes, on a aussi parlé des questions de bio-éthique, mais de manière
informelle. De même, dans le contexte viennois actuel, on a abordé les problèmes de l’euthanasie. Mais, souligne encore l’archevêque coadjuteur de
Bordeaux, "tous ces débats se sont déroulés dans une atmosphère dédramatisée, sans toutefois perdre de vue les problèmes. D’autant plus que la
récente nomination de Mgr Walter Kasper au siège épiscopal de Stuttgart,
apparaît comme une volonté du Vatican de détendre la situation".
(apic/mjh/bd)