Vienne: appel à l’aide pour les déportés d’Albanie (150591)
Vienne, 15mai(APIC) Un nombre croissant de lieux de culte sont rendus à
l’Eglise en Albanie, ont déclaré lors d’une conférence de presse mardi à
Vienne la journaliste et collaboratrice de la "Fédération Helsinki pour les
droits de l’homme" Christine von Kohl et le professeur Arben Puto, défenseur des droits de l’homme albanais. Une constatation qui contredit l’affirmation prononcée en mars dernier devant des membres de la "Fédération
Helsinki" par le chef de l’Etat Ramiz Alia, qu’"à quelques exceptions près,
les biens des communautés religieuses ne leur seront pas rendus".
Depuis quatre mois, Arben Puto dirige à Tirana le "Forum pour la défense
des droits de l’homme", reconnu par l’Etat. Selon lui, de toutes les Eglises présentes en Albanie avant le régime communiste, l’Eglise catholique
était "la plus active" et "la mieux organisée", bien que minoritaire. En
1945, le pays comptait en effet 68% de musulmans, 20% d’orthodoxes et 12%
de catholiques.
Le professeur Puto s’est rendu en Autriche pour plaider la cause des
prisonniers politiques et des "bannis" de son pays. La situation de ces
derniers - ils sont environ 10’000, déportés par le régime d’Enver Hoxha
dans des territoires isolés où ils étaient employés dans des kolkhozes et
surveillés par des militaires - est très difficile, a-t-il souligné. La levée par Ramiz Alia des décrets de bannissement n’a pas amélioré leur sort:
la plupart d’entre eux se voient obligés de rester éloignés de leurs familles faute de travail et de logement en ville.
L’émigration en masse des jeunes préoccupe également le professeur Puto.
Quelque 600 personnes quittent quotidiennement l’Albanie pour la Grèce ou
l’Italie, privés d’avenir dans un pays où la situation économique se dégrade de jour en jour. Au plan politique, la victoire du parti communiste aux
élections d’avril est due au peu de temps - trois mois - laissé aux partis
d’opposition pour s’organiser, a déploré Arben Puto. (apic/kap/cor)