Brasilia, 3 mars (APIC) Une Commission de la Chambre des députés du Brésil, formée de 17 parlementaires, tente de modifier la Constitution brésilienne en vue de réintroduire la peine de mort dans certains délits qui ont
entraîné la mort. Ce projet, lancé par le député Amaral Neto, doit d’abord
passer devant le Congrès national, puis, s’il est approuvé, devant le peuple brésilien. Ce référendum serait une nouveauté car contrairement à ce
qui se pratique en Suisse, les droits d’initiative et de référendum n’existent pas au Brésil.
La peine de mort est actuellement prohibée au Brésil. Le projet du député Amaral Neto, s’il est accepté, permettra de punir de mort légale les auteurs "de vols, séquestres et viols qui ont causé la mort". Des centaines
de groupes de défense des droits de l’homme ainsi que les Eglises ont déjà
pris position contre ce projet de réhabilitation de la peine de mort.
Le juriste Fabio Comparato essaie de prouver que la modification prévue
n’est pas constitutionnelle en se basant sur l’article 60, paragraphe 4 de
la Constitution fédérale. Celle-ci interdit que l’on propose des modifications qui auraient pour objet la suppression des droits et garanties individuelles.
Pour Augustino Veit, président du Mouvement National des Droits de
l’Homme (MNDH), la peine de mort ne diminue pas la criminalité. Cette dernière trouve sa source dans l’enfance meurtrie et abandonnée , dans le manque d’accès à la santé et à l’éducation pour tous. D’autre part, l’obligation de paysans sans terre de venir chercher du travail dans les grandes
villes augmente les favellas misérables et par conséquent aussi la délinquance. La criminalité trouve ses causes dans "la situation politico-sociale du pays". La diminution de la criminalité, selon Augustino Veit, passe
obligatoirement par l’élimination des causes de la misère et non pas à travers la destruction de vies humaines. (apic/em/ba)