Vers la reconnaissance de l’euthanasie par le Parlement européen? (240591)
Paris, 24mai(APIC) Le droit à l’euthanasie reconnu explicitement dans un
document écrit du Parlement européen? C’est peut-être pour très bientôt, et
ce serait une première. On en saura plus au lendemain de la prochaine
séance plénière du Parlement européen (10-14 juin), où un projet de résolution sera discuté. Son adoption par les députés pourrait déboucher alors
sur une recommandation européenne, une première prise de position des Douze
sur cette question très controversée.
Parmi ceux qui se consacrent à l’assistance aux mourants, beaucoup redoutent qu’une telle reconnaissance soit adoptée. C’est le cas des Petites
Soeurs des Pauvres, dont la supérieure générale vient de prendre position
dans un appel intitulé "La dignité de l’homme". Elle y expose le but poursuivi par les Petites Soeurs: "Mener la vie au terme dans la sérénité,
dans la dignité de l’homme".
C’est le 25 avril dernier que la Commission de la Santé du Parlement
européen a adopté, par 16 voix contre 11 et 3 abstentions une "proposition
de résolution" dont la rédaction a été confiée au professeur Léon
Schartzenberg, député au Parlement de Strasbourg.
Ce qui fait difficulté dans ce projet de résolution, c’est l’article 8,
qui stipule: "... en l’absence de toute thérapeutique curative, et après
échec des soins palliatifs correctements conduits tant sur le plan psychologique que médical et chaque fois qu’un malade pleinement conscient demande, de manière pressante et continue, qu’il soit mis un terme à une existence qui a perdu pour lui toute dignité et qu’un collège de médecins constitué à dessein constate l’impossibilité d’apporter de nouveaux soins spécifiques, cette demande doit être satisfaite sans qu’il soit, de cette
façon, porté atteinte au respect de la vie humaine".
Clarté dans la confusion
Pour les petites Soeurs des Pauvres, congrégation fondée en 1839 à
Saint-Servan (Bretagne) pour se consacrer à l’aide aux personnes âgées, ce
texte est inacceptable.
"La confusion introduite par le texte entre acharnement thérapeutique,
soins palliatifs et euthanasie, nous semble propre à tromper l’opinion publique non avertie. Et pourtant à travers ces phrases compliquées à souhait, la pensée est claire: donner au médecin le droit de satisfaire à la
demande de l’euthanasie, c’est-à-dire de donner la mort", écrit dans sa
prise de position Soeur Marie-Antoinette de la Trinité, la Supérieure générale de la congrégation.
Elle enchaîne: "La dignité de l’homme ne consiste pas à pouvoir choisir
le moment de sa mort, mais à être conscient que son premier droit est le
droit au respect de sa vie, au respect de sa dignité d’homme. Nous n’avons
pas à développer par des principes d’éthique humaine et chrétienne ce que
recouvrent les mots ’dignité de l’homme’, mais notre expérience de 150 ans
d’accompagnement des personnes âgées jusqu’au terme de leur vie nous autorise à faire connaître ce que, depuis notre fondation, 17’080 Petites Soeurs ont vécu et vivent quotidiennement..." (apic/cip/pr)