Vers la béatification du chanoine Maurice Tornay (130792)
Rome, 13juillet(APIC) Le chanoine valaisan Maurice Tornay, membre de la
Congrégation des chanoines du Grand Saint-Bernard qui avait été tué au Tibet en 1949, sera béatifié. La Congrégation pour les causes des saints a
promulgué samedi, en présence du pape, un décret reconnaissant le martyre
du missionnaire né le 15 août 1910, dans le petit hameau de la Rosière, au
dessus d’Orsières.
Mgr Angelin Lovey, ancien prévôt des chanoines du Grand Saint-Bernard,
avait demandé avec d’autres témoins de la vie de Maurice Tornay l’ouverture
d’un procès canonique en vue de sa béatification. Ce procès vient d’aboutir. La date de cette béatification n’a pas encore été fixée.
Maurice Tornay, après ses études classiques au Collège de l’Abbaye de
Saint-Maurice, est attiré par l’idéal de la vie des chanoines de l’hospice
du Grand Saint-Bernard. En 1933, la Congrégation avait envoyé des missionnaires au Tibet, plus exactement à Weisi, dans la vallée du Mékong. Maurice
Tornay les rejoindra en 1936 et célébrera sa première messe en 1938 dans ce
pays.
Un livre, "Martyr au Tibet", de Robert Loup, relate son ministère dans
ce pays et les difficultés rencontrées alors par les missionnaires chrétiens dans cette région qui voyait mal la pénétration de missionnaires
étrangers. De tempérament à ne pas renoncer, le futur martyr a entrepris
courageusement de multiples démarches pour pouvoir rester auprès de ses paroissiens. Il souhaite entre autres voir le gouverneur de Lhassa et lui exposer la situation des chrétiens. Son désir: retourner et reprendre sa
charge de curé de Yerkalo d’où il avait été expulsé. Il entreprend une dernière démarche sous le déguisement d’un marchand indigène au milieu d’une
caravane, accompagné de son aide Dossy. Après 17 jours de marche, Maurice
Tornay espère plaider sa cause et faire reconnaître ses droits. Mais une
bande de soldats le reconnait et l’arrête. Le Père et son aide sont emmenés
aux frontières de la Chine. Le 11 août 1949, le Père Maurice et Dossy sont
tués, victimes d’une ambuscade. Avertis du massacre, les confrères du missionnaire valaisan organisent une expédition pour ramener les corps. On les
découvre complètement dépouillés et criblés de balles. Un télégramme portant ces simples mots: "Tornay massacré", arrivait un mois plus tard à Orsières. (apic/com/ba).