Vente d’armes suisses à l’Indonésie: Amnesty (270793)
Violation systématique des droits de l’homme en Indonésie
Berne, 27juillet(APIC) Quelque 2’000 civils, dont des vieillards et des
enfants, ont été sommairement exécutés ces dernières années par les troupes
gouvernementales indonésiennes dans la province de l’Aceh, au Nord de Sumatra, dénonce Amnesty International (AI) dans un rapport rendu public mercredi à Londres. A cette occasion, la Section suisse d’AI lance un appel au
Conseil fédéral pour qu’il interdise l’exportation de pièces détachées et
de munitions pour des canons anti-aériens d’Oerlikon-Contraves SA.
La Section suisse d’AI, qui demande au Conseil fédéral de renoncer à accorder la permission d’exporter ces armes en raison de la situation préoccupante des droits de l’homme en Indonésie, se réfère nommément à la clause
sur le respect des droits de l’homme qui figure dans la loi sur le matériel
de guerre et que le Conseil fédéral devrait appliquer strictement dans ce
cas.
Amnesty International dénonce la répression massive contre les civils
exercée dans le cadre de la lutte anti-insurectionnelle menée par les forces de sécurité indonésiennes dans la province de l’Aceh. AI s’appuie sur
le rapport "Indonesia - "Shock therapy", Restoring Order in Aceh 1989 1993". Les forces gouvernementales mènent la guerre contre le mouvement
"Aceh Merdeka" (Aceh libre), un groupe d’opposants armés qui mènent des
opérations en Aceh et dans d’autres régions du Nord de Sumatra. "La grande
majorité des victimes sont des civils qui ne participent pas à l’opposition
armée", note AI.
Certaines victimes ont été exécutées en public, d’autres ont été "tuées
dans des circonstances mystérieuses" et leurs corps ont été abandonnés dans
des lieux publics "apparemment pour mettre en garde la population et la
dissuader de rejoindre les rebelles ou de les soutenir". Plus de 1’000 personnes ont été arrêtées arbitrairement par les forces armées indonésiennes
et un grand nombre de détenus, probablement plusieurs centaines, ont "disparu" après avoir été placés en détention par l’armée. Des tortures sont
fréquemment infligées aux prisonniers, entraînant dans certains cas la mort
des victimes. Les autorités indonésiennes empêchent toute enquête exhaustive et impartiale sur place, et rejettent toutes les informations alléguant
de violations de droits de l’homme comme "mensongères".
AI signale que les méthodes brutales utilisées dans cette région par les
forces armées rappellent fortement celles qui sont employées dans d’autres
régions du pays comme l’Irian Jaya ou au Timor oriental, territoire occupé
illégalement par l’Indonésie depuis 1975. En novembre 1991, les forces
d’occupation indonésienne ont tiré sur la foule à Dili, capitale du Timor
oriental, faisant plus d’une centaine de morts dans la foule. (apic/com/be)