Vaud: prisons pas épargnées par le chômage (190593)
Vevey, 19mai(APIC) Les détenus des prisons préventives vaudoises ne sont
pas épargnés par le chômage. Les petits travaux qui leur étaient confiés,
il y a un an encore, vont aujourd’hui en priorité à d’autres catégories de
personnes: chômeurs ou handicapés. A Vevey, à l’initiative d’un des aumôniers de la prison, les détenus ont retrouvé une activité: ils poncent et
apprêtent des vases en bois. La vente de ces objets permet ainsi d’arrondir
leur pécule.
Depuis un an dans le canton, ainsi que le confirme Paul Gremion, responsable des prisons préventives vaudoises, les possibilités pour les prévenus
d’exécuter des travaux simples, tels que pliages, mises sous plis ou encartages d’imprimés, ont très nettement diminués. En préventive, si les détenus ne sont pas astreints au travail, beaucoup éprouvent le besoin d’occuper les 23 heures sur 24 qu’ils passent à l’isolement dans leur cellule.
Lorsqu’ils sont sans ressources personnelles, sans famille dans le voisinage, une activité un tant soit peu rémunérée, explique le pasteur André
Rossier de Puidoux, aumônier de la prison préventive de Vevey, permet aux
prévenus de "cantiner", c’est-à-dire de se procurer cigarettes, café, savon
ou timbres-poste. Certains réussissent même à soutenir quelque peu leur famille à l’extérieur.
En raison des difficultés des autorités de la prison à fournir du travail aux détenus, le pasteur Rossier a décidé d’agir, même si l’occupation
des prisonniers ne figure pas dans son cahier des charges. Depuis un an, le
pasteur Rossier consacre une bonne partie de ses loisirs à scier, façonner
et vider des morceaux de bois bruts qui deviendront des vases après avoir
été poncés au papier de verre, puis apprêtés à l’huile de lin et à la cire
d’abeille par les détenus. Une petite journée de travail suffit à la réalisation d’un vase, précise l’aumônier. Cette activité répond aux deux contraintes imposées par le réglement: un travail simple pouvant être exécuté
en cellule et un outillage réduit, scies et autres outils étant évidemment
bannis de prison. L’Association Télé-prison a de son coté soutenu l’entreprise par une mise de départ de 1000 francs, pour permettre l’achat d’aspirateurs à poussière.
Sur les 26 francs que coûte un vase, le détenu touche 15 francs. Le reste finançe le matériel. "Ces vases, tient à souligner le pasteur Rossier,
ont un effet gratifiant, par rapport aux mises sous plis et autres travaux
de ce genre, parce que les gars partent d’un morceau de bois brut qui n’est
pas très beau à l’origine mais qui devient un bel objet. Eux-mêmes ou les
autres peuvent légitimement se féliciter. Et c’est une chose qui ne leur
arrive jamais en prison." En une année, 400 vases sont ainsi sortis des
cellules de Vevey et écoulés auprès des paroisses de la région. Aujourd’hui, le pasteur Rossier cherche à agrandir le cercle de ses
"clients". Car c’est lui aussi qui assure la vente des objets. (apic/sppmp)