Vaud : La Fédération des paroisses catholiques a 25 ans (121089)
Lausanne, 12octobre(APIC) Bien qu’ils représentent 40% de la population
du canton, les catholiques vaudois ne se sentent guère intégrés. Le malaise
grandissant au sein de la communauté catholique à propos de l’application
du Statut des catholiques, accepté du bout des lèvres par le peuple vaudois
en 1970 et entré en vigueur en 1971, est notamment d’ordre financier. A
l’occasion du 25e anniversaire de la Fédération des paroisses catholiques
du canton de Vaud, Albert Mivelaz, président de la Fédération et Pierre
Grobéty, secrétaire général, ont expliqué les problèmes auxquels ils doivent faire face au cours d’une conférence de presse tenue jeudi 12 octobre
à Lausanne.
La communauté catholique ne remet pas en cause le Statut lui-même, mais
bien ses modalités d’application qui, estime la Fédération des paroisses,
ne correspondent plus dans les faits à l’esprit de la loi constitutionnelle.
Principal point d’achoppement: à cause de la diminution du nombre de
prêtres dans le canton de Vaud, un décalage de plus en plus évident est apparu entre le nombre de postes d’ecclésiastiques effectivement financés par
l’Etat et celui attribué théoriquement par le Statut. L’un des points du
Statut, concernant le traitement des prêtres, stipule la prise en charge
par l’Etat d’un certain nombre de postes d’ecclésiastiques catholiques en
fonction dans le canton. En 1989 cependant, l’effectif des prêtres (entre
118 et 120, selon les estimations) est de 34 unités inférieur à celui que
l’Etat devrait prendre en charge (154). Or, la pénurie de prêtre oblige
l’Eglise catholique à envisager d’autres solutions pour remplir sa mission,
avec notamment l’engagement de laïcs spécialement formés, pour lesquels
n’entrent pas en vigueur les dispositions de prises en charges salariales
par l’Etat.
En d’autres termes, par rapport à la masse salariale qu’aurait eu à verser l’Etat vaudois en 1989 si le nombre de prêtre (154) était atteint conformément à ce qu’admet l’Etat, le canton devrait débourser près de 13,5
millions de francs alors qu’il ne lui en coûte que quelque 10,5 millions
aujourd’hui pour rétribuer ces 118 prêtres. C’est ainsi que l’Etat a économisé durant ces trois dernières années près de 6,5 millions de francs, dont
3 millions pour la seule année 1989.
Pour la Fédération des paroisses catholiques, cette économie n’est pas
compatible avec la situation réelle de l’Eglise catholique en pays vaudois,
qui s’est vue dans l’obligation d’engager des laïcs. Soit autant de salaires que la Fédération est obligée de prendre en charge et qu’elle ne peut
verser que grâce à la cession des prêtres qui, avec leur plein consentement, remettent librement à la Fédération le traitement que leur verse
l’Etat. Sur un plan interne, cette cession permet à la Fédération d’allouer
aux prêtres invalides ou retraités des prestations décentes, de rétribuer
l’ensemble du clergé, mais aussi de contribuer à la prise en charge des
nombreux postes laïcs engagés dans la pastorale. L’augmentation des charges
salariales pour la Fédération et la diminution des postes rétribués par
l’Etat provoquent par conséquent une baisse réelle des salaires.
Tout en souhaitant que l’ensemble du peuple vaudois puisse prendre connaissance du malaise actuel qui pourrait bien grandir encore, la Fédération
a d’ores et déjà fait connaître son désir d’ouvrir le dialogue avec le Département de l’Instruction publique et des Cultes, un dialogue qui s’est
maintenant engagé.
Pour marquer le 25e anniversaire de la Fédération des paroisses catholiques du canton de Vaud, une célébration cantonale d’action de grâces aura
lieu vendredi soir 13 octobre en l’Eglise du Sacré-Coeur à Ouchy-Lausanne.
Elle sera présidée par Mgr Pierre Mamie, évêque du diocèse de Lausanne, Genève et Fribourg. Son auxiliaire, résidant à Lausanne, Mgr Gabriel Bullet,
prononcera l’homélie. Une plaquette de 44 pages intitulée "Vingt-cinq
ans...ou un quart de siècle?" a en outre été éditée par la Fédération des
paroisses. (apic/pr)