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    Vaud: l’Eglise réformée vaudoise cherche ses nouvelles marques (100394)

    Un projet: "Eglise en question(s)" à l’aube du 21e siècle

    Lausanne, 10mars(APIC) Face à un paysage social, économique et religieux

    profondément modifié, l’Eglise doit se repositionner. C’est le constat de

    départ à la démarche "Eglise en question(s)" entreprise par l’Eglise évangélique réformée vaudoise (EERV). Pour définir la place de cette Eglise

    dans la société d’aujourd’hui, une vaste consultation est organisée à tous

    les échelons de la vie ecclésiastique. Le projet et ses étapes ont été présentés à la presse jeudi 10 mars à Lausanne.

    "Eglise en question(s)" n’est pas le projet d’une Eglise aux abois.

    C’est le projet d’une Eglise confiante, mais qui se rend compte que le monde a changé", tient à souligner le pasteur Pierre Marguerat, attaché de

    presse de l’EERV. Depuis deux ans, une commission mandatée par le Synode,

    l’organe législatif de l’Eglise, planche sur le projet. Dans une première

    phase, les dix membres de cette commission, dont cinq laïcs, ont rencontré

    des "personnalités triées sur le volet", selon l’expression du pasteur Bernard Dumont, président de la commission.

    Les dix-huit personnes rencontrées ont été choisies parce que représentatives de la vie politique, culturelle, spirituelle ou médiatique du canton. Leurs critiques, leurs encouragements soigneusement consignés par le

    groupe de travail serviront de point de départ à une réflexion élargie à

    toutes les paroisses.

    Phase d’écoute

    "Il est temps pour l’EERV de sortir de ses sacristies pour aller à la

    rencontre des hommes et des femmes de ce canton", a relevé le pasteur Marcel Piguet, membre permanent du Conseil synodal (l’exécutif de l’Eglise),

    résumant ainsi le sens de la démarche. La balle est aujourd’hui dans le

    camp des paroisses, à elles d’organiser d’ici à l’été, sans formalisme, des

    rencontres pour se mettre à l’écoute des paroissiens, engagés ou non. Sur

    la base des résultats de cette consultation, un "diagnostic" sera établi

    pour la session de novembre du Synode.

    En cette année de renouvellement des autorités d’Eglise, la commission

    souhaite remettre un document de travail qui permettra de définir un nouveau projet de législature. Les personnalités rencontrées ont montré intérêt et disponibilité face à la démarche "Eglise en question(s)", ne ménageant toutefois par leurs critiques face à une Eglise jugée pantouflarde,

    fonctionnarisée, élitaire, timide et mal profilée dans le grand public. Le

    projet lui-même a cependant suscité des réactions plus mitigées lors de

    sessions organisées dans les huit arrondissements (pendants ecclésiastiques

    des districts).

    Outre le manque de temps invoqué par les délégués aux arrondissements ou

    la surprise face à la démarche, la peur d’une remise en question et la

    crainte d’attenter au message fondamental de l’Eglise figurent parmi les

    réticences les plus fortes. Quant à l’argument de la nécessité pour l’Eglise de soigner son marketing, il choque bon nombre de pasteurs, note Bernard

    Dumont. A l’inverse, dans des paroisses vivantes, on juge la démarche inutile. Entre enthousiasme et réticence, le projet est à la jonction de deux

    problématiques: revivifier la vie spirituelle et se profiler davantage.

    (apic/spp/pr)

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