Vaud: fête oecuménique à Assens (140992)
Assens, 14septembre(APIC) Assens, village du district d’Echallens a vécu
dimanche une chaleureuse rencontre oecuménique à l’occasion du bicentenaire
du rétablissement du culte catholique à Lausanne. Les catholiques de la paroisse du Valentin de Lausanne ont emprunté la "brouette" d’Echallens pour
rejoindre Assens où les attendaient une centaine de personnes pour célébrer
ensemble une nouvelle ère de partage.
Quelque 300 personnes se sont réunies pour fêter, - heureux prétexte le 200e anniversaire de l’arrivée de la Baronne d’Olcah à Lausanne le 24
mai 1792. C’est cette femme, réfugiée, française et laïque qui allait permettre le retour de la messe catholique dans la capitale vaudoise. "Merveilleuse surprise, s’est exclamé Claude Ducarroz, curé de Notre-Dame du
Valentin, l’initiative de cette manifestation fut protestante."
De nombreuses personnalités religieuses étaient présentes. Citons du
côté catholique Mgr Gabriel Bullet , évêque auxiliaire à Lausanne, le curé
Ducarroz et l’abbé Robert Pillonel, curé d’Assens et de St-Barthélémy. Côté
protestant Marcel Piguet, membre permanent du Conseil synodal et
Jeanne-Marie Quinche, pasteure d’Assens.
Le choeur de l’ancienne église d’Assens renferme la tombe de la Baronne
d’Olcah, ’la mère des catholiques de Lausanne’, comme on l’appelait
communément voilà deux siècles. L’église d’Assens a d’ailleurs une histoire
particulière. Elle fut pendant plusieurs siècles, jusqu’à la construction
d’une nouvelle église catholique, partagée entre les deux cultes: le choeur
qui avait conservé l’autel et le tabernacle appartenant aux catholiques, la
nef appartenant aux protestants. Elle posède encore deux chaires, une pour
le curé, une pour le pasteur. C’est là que se rendaient à la messe les
catholiques immigrés ou les voyageurs de passage à Lausanne, dont
Jean-Jacques Rousseau qui raconta plus tard cet épisode dans "Les Rêveries
d’un promeneur solitaire".
Le Lausanne-Echallens-Bercher (LEB), tracté pour l’occasion par une locomotive à vapeur, a déversé les catholiques de la paroisse du Valentin au
rythme des hymnes. Plus de 300 personnes se sont retrouvés sur la place de
l’église pour fêter une ère nouvelle, une ère de partage après celle de la
tolérance.
Partage et oecuménisme
Jeanne-Marie Quinche, pasteure d’Assens, a insisté sur le fait que "le
temps n’est plus au côte à côte entre chrétiens, mais au bout à bout; qu’il
n’est plus à la tolérance, mais au partage". L’Eglise ne devrait être qu’un
seul tronc enraciné dans le Christ, qu’une seule croix dressée vers le même
Dieu. Le symbole de la croix a servi de fil conducteur à la célébration.
Catholiques et protestants ont érigé ensemble une grande croix au pied de
la chapelle pour illustrer l’union de tous les chrétiens dans le Christ. Ce
geste a souligné la volonté commune d’oecuménisme.
"Une telle célébration ne sert à rien, si elle n’est que glorification
du passé", a ajouté l’abbé Ducarroz. La baronne d’Olcah nous a offert une
merveilleuse occassion de réflexion sur notre vie présente et future, sur
ce qu’il reste aux chrétiens à construire en vue d’une pleine communion, at-il conclu. (apic/frc/mp)