Rome, 28septembre(APIC) Le président de la Communion anglicane et archevêque de Canterbury, Robert Runcie, est attendu vendredi 29 septembre à Rome pour une visite qui se prolongera jusqu’au 2 octobre. Parmi les questions qui seront traitées lors des entretiens figurent celles de l’ordination des femmes et de la primauté du pape. Elles ont été évoquées par l’archevêque anglican dans une interview accordée à la revue catholique italienne "Il Regno".
Sur le premier point, Robert Runcie relève qu’il y a au sein de l’Eglise
d’Angleterre une "forte opposition" à l’ordination des femmes. Il dit aussi
ne pouvoir accepter que ce problème provoque un refroidissement du dialogue
anglicano-catholique et observe que le pape a fait une visite oecuménique
"très réussie" dans les pays nordiques, où des femmes ont été ordonnées
prêtres. Et de se demander: "Si ce fait n’empêche pas le développement de
relations chaleureuses avec l’Eglise luthérienne, pourquoi devrait-il entraver les relations avec les Eglises de la Communion anglicane".
L’archevêque de Canterbury concède que les anglicans auraient dû, avant
de procéder à ces ordinations, mieux peser les conséquences que cela entraînerait pour le dialogue oecuménique. "Mais, ajoute-t-il, on y serait
quand même venu tôt ou tard. Il s’agit maintenant d’affronter la réalité".
Le président de la Communion anglicane rappelle ici que le pas franchi par
les anglicans en adoptant la langue du peuple dans la liturgie et en préconisant une étude critique de la bible a été fait par la suite par l’Eglise
catholique.
A propos de la primauté du pape, Robert Runcie déclare que les anglicans
en arrivent tout doucement à reconnaître dans la fonction de l’évêque de
Rome une primauté universelle liée au siège de Pierre. Il se dit favorable
à un lien d’autorité effectif à cette "primauté oecuménique universelle".
L’archevêque de Canterbury fait toutefois une différence entre ce qui
est vraiment nécessaire pour sauvegarder l’unité et ce qui est simplement
devenu, à travers les siècles, l’actuelle juridiction de Rome. Il vise notamment la centralisation des nominations épiscopales: pour les anglicans
et, ajoute-il, pour les orthodoxes, une décentralisation ne nuit en rien à
la primauté universelle du pape. Il se dit en outre partisan d’une réelle
autonomie, tout en acceptant qu’"en matière de foi et de constitution,
l’unité peut nécessiter des décisions universelles".
Robert Runcie sera accompagné d’une délégation de 7 personnes, parmi
lesquelles figurent notamment le primat anglican du Nigeria ainsi que
l’évêque de Birmingham et co-président anglican de la seconde commission
internationale de dialogue anglicano-catholique - ARCIC II).- Durant le séjour, plusieurs rencontres privées sont prévues, dont une avec le cardinal
Willebrands, président de la Commission pontificale pour l’unité des chrétiens. (apic/cip/jt/pr)