Le toxicomane: "un handicapé de l’amour"
Rome, 8mai(APIC) Le toxicomane est "un handicapé de l’amour" et le premier facteur favorisant le recours à la drogue est "une absence absolue ou
relative de vie familiale, car la famille est l’élément clé dans la formation du caractère d’une personne et de ses attitudes envers la société".
Tel est le constat dressé vendredi 8 mai par le Vatican dans un document
d’une trentaine de pages intitulé "Du désespoir à l’espérance". La famille
y est présentée comme le meilleur moyen de prévention.
Publié par le Conseil ponfifical pour la famille, ce nouveau document
comporte trois grands chapitres: Le phénomène de la toxicomanie; la tâche
spécifique de l’Eglise; la présence évangélisatrice de l’Eglise. Ses signataires, le cardinal colombien Alfonso Lopez Trujillo et le prélat français
Jean-François Arrighi, respectivement président et vice-président du Conseil pontifical pour la famille, précisent que le document est le fruit de
la rencontre avec des personnes qui bénéficient de nombreuses années d’expérience. Son but est que l’homme, "en renonçant à des dépendances fallacieuses, retrouve la vraie liberté dans la dépendance filiale au Père céleste".
Dans le premier chapitre, la consommation de drogue y est présentée comme "une réponse mensongère au manque de sens positif de la vie". La cause
en est notamment "une certaine crise de valeurs et un manque d’harmonie intérieure de la personne". Mettant en cause l’absence de vie familiale, le
Conseil pontifical vise entre autres la multiplication des divorces, la
cohabitation hors mariage, l’incapacité d’offrir une "éducation intégrale".
La consommation croissante de drogues est aussi un symptôme du délabrement actuel de la société, "une société passive, c’est-à-dire sans idéal,
permissive, sécularisée, où la recherche d’évasion s’exprime de tant de manières diverses, dont l’une est la fuite dans la toxicomanie". Une mentalité de consommation artificielle, le chômage, l’hédonisme effréné, une conception désordonnée de la sexualité, l’influence des médias, tout cela, aux
yeux du Vatican, contribue à faire de la drogue "une réponse facile et immédiate, mais mensongère, aux besoins humains de satisfaction et d’amour
vrai". Le document cite Jean Paul II pour inviter à une "redécouverte du
sens ultime de la vie et de ses valeurs fondamentales".
Seule thérapie: proposer des chemins de vie
La réponse de l’Eglise à la toxicomanie est un message d’espoir et un
service qui, au-delà des symptômes, va au coeur même de l’homme, ne se contente pas d’évacuer la question, mais propose des chemins de vie". Il
s’agit, comme Jean Paul II l’a maintes fois souligné dans le passé, d’aider
le toxicomane à redevenir un sujet actif capable de ressusciter ses ressources personnelles pour renoncer à l’esclavage de la drogue. Citant toujours le pape, le document affirme qu’a été concrètement prouvée "la possibilité de récupération ou de rédemption au pesant esclavage, par des méthodes qui excluent rigoureusement toute concession de caractère substitutif,
qu’elle soit légale ou illégale".
Si l’Eglise veut combattre efficacement la drogue, note encore le document, elle doit faire de la famille sa "priorité pastorale". Et de noter
encore que la présence de toxicomanes appelle la paroisse à un engagement
"qui aille au-delà de la simple aide économique ou de la facile délégation
à des structures spécialisées". Le moyen d’y répondre est la disponibilité
de familles ou de groupes de familles à accueillir ou à assister le
toxicomane dans la phase de réintégration dans la société ou dans le
travail. (apic/jt/be)