religieuse de l’éducation dans l’école catholique"
Rome, 7juin(APIC/CIP) La Congrégation pour l’Education catholique vient
d’adresser aux évêques et aux supérieurs des Instituts religieux qui se
consacrent à l’éducation de la jeunesse, un document intitulé "Dimension
religieuse de l’éducation dans l’école catholique. Eléments de réflexion et
de révision".
C’est le troisième document publié par la Congrégation romaine pour
mettre à exécution la déclaration conciliaire "Gravissimum educationis" (28
octobre 1965), après "L’Ecole catholique" (1977), texte de base sur l’identité et la mission de cette école aujourd’hui, et "Le laïc catholique,
témoin de la foi dans l’école" (1982). S’appuyant sur les sources, opportunément mises à jour, de ces deux documents, le présent texte propose
d’"examiner si les directives du Concile ont été réalisées... Après examen,
devront être prises des décisions sur ce que l’on peut et doit faire..." Il
précise que les responsables des écoles catholiques auront à "repenser et
adapter les orientations générales aux conditions locales qu’eux seuls connaissent bien". Le document relève aussi que les écoles catholiques accueillent aussi des non-catholiques et des non-chrétiens, qui dans certains
pays constituent même une large majorité, ce dont le Concile avait déjà
pris acte. Il ajoute : "on respectera donc la liberté religieuse et de conscience des élèves et des familles. La liberté est fermement défendue par
l’Eglise. Pour sa part, l’école catholique ne peut renoncer à la liberté de
proposer le message et d’exposer les valeurs de l’éducation chrétienne".
Le document comporte cinq chapitres : les jeunes face à la dimension religieuse de la vie (7 à 23); la dimension religieuse du milieu éducatif (24
à 46); la dimension religieuse de la vie et du travail scolaires (47 à 65);
l’enseignement religieux dans les écoles et la dimension religieuse de l’éducation (66 à 97); synthèse générale : dimension religieuse du projet éducatif (98 à 112).
L’école, lieu d’évangélisation
Dans la première partie, consacrée à l’attitude religieuse des jeunes,
la Congrégation pour l’Education catholique souligne la nécessité de toujours fonder la réflexion sur l’analyse d’une situation en constante évolution. Elle évoque ici les mutations sociales et culturelle (industrialisation, urbanisation, accès aux biens de consommation, influence des médias,
manque de points de référence ...) ; la situation personnelle des jeunes :
instabilité, univers relationnel pauvre, insécurité, solitude, difficulté
de beaucoup de donner un sens à la vie ... ; enfin, leurs attitudes par
rapport à la foi et à la pratique religieuse : abandon progressif de la
pratique, indifférence religieuse et en même temps, chez beaucoup, une interrogation critique sur le monde et "une demande exigeante d’approfondissement de la foi et de vie cohérente", à laquelle s’ajoute "une demande effective d’engagement responsable dans l’action".
La deuxième partie rappelle que l’école est constituée de tous ceux qui
sont impliqués dans le processus éducatif : enseignants, personnels, parents et élèves. Le document parle ici d’"école-communauté", une communauté
"avec diversités de rôles, mais convergences de fins, (qui) revêt les caractéristiques de la communauté chrétienne, en étant un lieu imprégné de
charité". Il ajoute : "L’école catholique a donc, depuis le Concile, une
identité bien définie : elle possède tous les éléments qui lui permettent
d’être reconnue non seulement comme moyen privilégié pour rendre l’Eglise
présente dans la société, mais aussi comme sujet ecclésial authentique. Elle est donc elle-même un lieu d’évangélisation, d’authentique apostolat,
d’action pastorale, non par le moyen d’activités complémentaires ou parallèles ou parascolaires, mais par la nature même de son action directement
orientée à l’éducation de la personnalité chrétienne". La communauté ainsi
constituée se veut ouverte aux familles, à la vie, à la communauté ecclésiale, "aux causes nobles qui mobilisent les hommes en quête de liberté, de
justice et de progrès".
A propos de la dimension religieuse de la vie et du travail scolaires,
le document souligne, dans sa troisième partie, que "le passage des élèves
par l’école catholique impose, avec une exigence sans cesse croissante, une
coordination entre culture humaine et foi: si la culture humaine reste culture humaine, exposée en toute objectivité scientifique, "l’enseignant et
l’élève qui sont croyants offrent et reçoivent la culture de façon critique
sans la séparer de la foi. Si cela arrivait, ce serait une sorte d’appauvrissement spirituel".
Le document précise aussi que "la présentation de toute la culture en
fonction de l’annonce du salut (...) ne signifie pas que l’école catholique
n’ait pas le devoir de respecter l’autonomie et la méthode propres des diverses disciplines du savoir humain et qu’elle pourrait considérer les
disciplines particulières comme de simples auxiliaires de la foi. On veut
seulement souligner que la juste autonomie de la culture requiert d’être
distincte d’une vision autonomiste de l’homme et de monde qui négligerait
les valeurs spirituelles ou les laisserait de côté". De même, si elle ne
s’identifie à aucune culture et reste indépendante à l’égard de toutes, "la
foi est cependant appelée à se faire l’inspiratrice de chacune".
Pour un enseignement religieux de qualité
Quantitativement, c’est la quatrième partie, ou est abordée la question
de l’enseignement religieux, qui est la plus importante. le ton est ici
plus vigoureux : l’école catholique "mériterait-elle encore son mon si,
fût-elle brillante par un très haut niveau d’enseignement dans les matières
profanes, on avait quelque motif justifié de lui reprocher une négligence
ou une déviation dans l’éducation proprement religieuse ? et qu’on ne dise
point que celle-ci sera toujours donnée implicitement et de manière indirecte ! Le caractère propre et la raison profonde de l’école catholique, ce
pour quoi les parents catholiques devraient la préférer, c’est précisément
la qualité de l’enseignement religieux intégré à l’éducation des élèves"
(Catechesi tradendae, 69).
Le document met en évidence "un lien indissoluble et, en même temps, une
claire distinction entre l’enseignement de la religion et la catéchèse".
Celle-ci "vise à promouvoir la maturation spirituelle, liturgique, sacramentelle, apostolique, laquelle se réalise par dessus tout dans la communauté ecclésiale locale". Quant à l’enseignement religieux, il "vise à faire reconnaître ce qui, de fait, constitue l’identité du christianisme et ce
que les chrétiens s’efforcent de réaliser de façon cohérente dans leur
vie".
Dans l’attente du catéchisme universel demandé par le Synode extraordinaire des évêques de 1985, dont le pape a confié la rédaction à une commission spéciale, le document présente alors, "à titre d’exemple, un schéma,
vérifié par l’expérience et dont la rédaction propose des contenus complets
et fidèles du message évangélique, sous forme organique, et selon un rythme
méthodologique établi sur les dits et faits du Seigneur". Il met aussi en
relief l’importance du maître de religion, "personne-clé, agent essentiel
de la mise en oeuvre du projet éducatif".
La cinquième partie est précisément consacrée à une synthèse générale ou
est mise en lumière la dimension religieuse du projet éducatif. Elle souligne que "l’école catholique a pour trait caractéristique d’aider les
élèves à développer leur personnalité tout en faisant croître la créature
nouvelle qu’ils sont devenus par le baptême. On doit donc concevoir l’éducation chrétienne comme un mouvement, un progrès, une maturation vers un
idéal qui dépasse tout limitation humaine". Puis elle présente le projet
éducatif chrétien comme "un ensemble organique de faits visant à promouvoir
le développement graduel de toutes les capacités de l’élève, de telle sorte
qu’il puisse en résulter une éducation intégrale dans le cadre de la dimension religieuse chrétienne". Dans ce processus, le projet éducatif, "projet
global bien défini, destiné à poursuivre des fins spécifiques", doit viser
à "coordonner l’ensemble de la culture humaine au message chrétien, à aider
l’élève dans la mise en oeuvre de sa création de créature nouvelle, à favoriser l’accomplissement des devoirs qui incombent au citoyen adulte".
Avant de conclure, le document revient sur la question du pluralisme, à
savoir l’accueil d’une population scolaire de foi et d’appartenances idéologiques différentes. Il invite à "clarifier le rapport à instaurer entre
l’importance donnée à la culture et le développement de la dimension religieuse. Cette importance donnée à la culture ne saurait être éliminée. Elle
reste la tâche spécifique de tous ceux qui oeuvrent comme chrétiens engagés
dans les institutions scolaires. En de telles situations, il ne sera pas
toujours possible de progresser dans le discours de l’évangélisation. On
devra alors viser la pré-évangélisation, l’ouverture, à savoir le sens de
la vie". (apic/cip/bd)