Vatican: Traditionnelle réception (120192)
Le pape dresse un bilan nuancé de l’année 1991
Rome, 12janvier(APIC) Le pape Jean Paul II a dressé samedi un bilan nuancé de l’année 1991 au cours de la traditionnelle réception du Nouvel-An
pour le corps diplomatique. Le Souverain pontife, lors de son allocution
aux ambassadeurs des 127 Etats accrédités au Vatican, a déploré dans un
long discours prononcé en français qu’en 1991, la guerre a occupé le devant
de la scène. Exprimant le "sentiment de tristesse" qu’engendre la persistance des conflits et des tensions, il a renouvelé son appui à l’autodétermination des peuples et lancé un appel pour la fin de la guerre en Croatie.
Jean Paul II, passant en revue la situation mondiale, a toutefois relevé
des signes d’espoir prometteurs, notamment les récents développements au
Cambodge, en Corée, en Afrique du Sud ou en Amérique Centrale, sans oublier
la rencontre de Madrid sur le Moyen-Orient. Il a souligné que, pour lui, le
dialogue entre juifs, chrétiens et musulmans est une priorité. Le pape a
relevé qu’en Afrique "souffle le vent de la démocratisation", en mentionnant le Burundi et le Rwanda, tout en relevant les rivalités ethniques qui
y subsistent. A propos du Zaïre, Jean Paul II a indiqué que la "décomposition des structures étatiques" ne facilite guère l’élaboration d’un projet
de société qui réponde aux aspirations de la majorité.
En Amérique latine, estime le pape, "la démocratisation a fait son chemin". Il a cependant remarqué que Cuba "est encore trop isolé". Le SaintSiège souhaite que ses habitants connaissent des conditions d’existence
plus prospères et "la joie de pouvoir édifier une société où chacun se sente toujours plus partenaire d’un projet commun, librement consenti". Il a
aussi mentionné les difficultés auxquelles font face Haïti et le Pérou.
Des actions que la raison réprouve
Le pape a encore mentionné la guerre du Golfe, en regrettant que les populations de l’Irak continuent à souffrir cruellement. A propos des populations civiles "littéralement écrasées par les combats qui déchirent la Yougoslavie et surtout la Croatie", Jean Paul II s’est demandé : "Qui ne serait pas révolté par ces actions que la raison réprouve ? ". Il a souligné
que les peuples ont le droit de choisir leur manière de penser et de vivre
ensemble.
Evoquant la violence en Irlande du Nord, le Souverain pontife a regretté
qu’on se trouve là en face d’"un autre conflit auquel on semble s’être habitué". Il s’est demandé s’il l’on peut "se résigner à cette plaie qui défigure l’Europe", en précisant qu’aucune cause ne peut justifier que les
droits de l’homme, le respect des différences légitimes et l’observance de
la loi soient à ce point bafoués sur ce territoire.
Jean Paul II a relevé que l’Europe a besoin de femmes et d’hommes qui se
mettent ensemble au travail pour que la haine et le rejet de l’autre
n’aient plus droit de cité sur ce continent. Au nouveau secrétaire des Nations Unies, Boutros Ghali, le pape a souhaité qu’il puisse "continuer à
faire de cette institution irremplaçable un espace privilégié pour la promotion de la paix et la solution négociée des différends".
Les Européens doivent se sauver ensemble, sinon ils périront ensemble
Dans son discours aux diplomates, Jean Paul II a insisté sur le fait que
la sécurité, la coopération et la sauvegarde de la dimension de l’homme
doivent être les piliers sur lesquels reposera l’avenir des peuples. Il a
rappelé que cela vaut pour les Républiques baltes, pour l’Albanie, comme
pour la nouvelle réalité qui a succédé à l’Union soviétique. A ce propos,
Jean Paul II a rappelé que ce sont là des tâches qui concernent tous les
Européens. "Les murs étant tombés, a-t-il lancé, personne ne peut invoquer
le manque d’information sur les conditions de vie de son voisin pour justifier son indifférence". "Ou les Européens se sauveront ensemble, ou bien
ils périront ensemble!"
Discriminations à l’égard des chrétiens en pays d’islam
Le pape a encore regretté, sans toutefois nommer par exemple l’Arabie
Saoudite, l’existence de pays à majorité musulmane "où les chrétiens, aujourd’hui encore, n’ont même pas la possibilité d’avoir un seul lieu de
culte à leur disposition". Parcourant la situation mondiale, Jean Paul II a
souhaité que puisse s’établir avec la Chine une coopération internationale
féconde. Il a relevé que le Saint-Siège regarde "avec sympathie ce vaste
pays de haute culture et aux ressources humaines et naturelles hors du
commun". Il s’efforce aussi de suivre la vie de la petite communauté
catholique qui y réside. (apic/jt/be)