Vatican: Rencontre au sommet orthodoxe-catholique reportée (090692)
Rome, 9juin(APIC) Le sommet entre catholiques et orthodoxes prévu à la
mi-juin au Liban a été reporté. Selon une déclaration publiée au Vatican,
le renvoi de cette rencontre prévue du 17 au 26 juin, a été souhaité par la
délégation des Eglises orthodoxes. Ce report ne signifie toutefois pas une
rupture du dialogue entre le Vatican et l’orthodoxie, dialogue dont la
poursuite est souhaitée unanimenent des deux côtés.
Les causes du renvoi sont en fait nombreuses et toutes plausibles. Les
représentants des Eglises de Géorgie, d’Arménie et de Serbie ne peuvent pas
quitter leur pays à cause de la guerre. En Bulgarie, le patriarche est en
conflit ouvert avec le nouveau gouvernement. Les Slovaques pour leur part
se préoccupent davantage d’une éventuelle partition du pays après les récentes élections. A Athènes et à Jérusalem, on déclare ouvertement qu’on
n’attend pas grand’chose pour le moment d’un contact avec l’Eglise catholique, d’autant que le sommet est consacré à la question des Eglises orientale unies à Rome (uniates). Un sujet épineux s’il en est et qui fait peser
une lourde menace sur les rapports entre catholiques et orthodoxes.
Le dialogue orthodoxe-catholique se trouve sur le fil du rasoir depuis
le dernier Synode des évêques à Rome, pour lequel la majorité des représentants orthodoxes ont refusé l’invitation du pape. Les orthodoxes reprochent
aux catholiques leur "agressivité missionnaire" et leur "prosélytisme" dans
les pays anciennement communistes d’Europe centrale et orientale. Les problèmes se posent surtout avec les Eglises uniates désormais légalisées,
surtout en Ukraine et en Roumanie.
Malgré le souhait de certaines Eglises orthodoxes, le Synode pan-orthodoxe de Constantinolple a décidé au mois de mars la continuation du dialogue avec les catholiques. Le patriarche oecuménique de Constantinople,
Bartholomée Ier, s’est lui-même engagé pour le dialogue et pour la préparation de la rencontre de Balamand, au Liban. Il a expliqué qu’un report valait mieux dans les conditions actuelles que le maintien d’un sommet qui ne
pourrait décider de rien. Entretemps, les Eglises catholique et orthodoxes
doivent intensifier sur le terrain les contacts et discuter dans un esprit
de dialogue et de collaboration les nouvelles questions posées aux Eglises
après la chute du communisme. (apic/cic/mp)