Rome, 28juin(APIC/CIP) Le pape Jean Paul II a promulgué mardi, en présence de cardinaux réunis en consistoire, la constitution apostolique "Pastor
bonus" sur la curie romaine. Elle fait suite à celle de Sixte V, promulguée
en 1588, et à celle de Pie X, promulguée il y a 80 ans. La nouvelle réforme
qu’elle prévoit apparaît plutôt comme une révision de la constitution "Regimini ecclesiae" publiée par Paul VI en 1967.
La nouvelle loi marque le désir de rationaliser les tâches de la curie.
Cela s’exprime d’abord par des suppressions et des fusions, ainsi que par
des changements d’appellation.
L’une des modifications les plus marquantes concerne les Commissions
pontificales. Celles-ci disparaissent sous cette appellation ., par contre
sont créées deux nouvelles Commissions : la Commission pontificale pour
l’Amérique latine, rattachée à la Congrégation pour les évêques, et la Commission pontificale pour la conservation du patrimoine artistique et historique, rattachée à la Congrégation pour le clergé.
Les anciennes Commissions pontificales "justice et paix", communications
sociales, pastorale des travailleurs de la santé..., sont désormais cataloguées comme Conseils pontificaux, au même titre que le Conseil pour les
laïcs, le Conseil pour la culture, le Conseil pour la famille, le Conseil
"Cor unum", etc. La Commission pour la pastorale des migrations et du tourisme s’appelle désormais Conseil pontifical pour les migrants et les itinérants.
Quant aux Secrétariats, ils disparaissent tous. Certains sont transformés en Conseil pontifical. C’est le cas des dicastères pour l’Unité des
chrétiens, pour les non-chrétiens et pour les non-croyants. Certains avaient espéré que le Secrétariat pour l’Unité des chrétiens soit élevé au
rang de Congrégation. Le cardinal Baggio a expliqué à ce sujet qu’il convenait dans ce cas de maintenir "une structure souple et élastique", puisqu’il s’agit d’oecuménisme. Par ailleurs, si ce Secrétariat avait été érigé
en Congrégation, ses actes auraient eu valeur juridique pour les seuls
catholiques.
Les Congrégations, enfin, gardent plus ou moins leur physionomie.
Néanmoins, la Congrégation pour les religieux et les instituts séculiers
s’appelle désormais "Congrégation pour les instituts de vie consacrée et
pour les sociétés de vie apostolique".
Autre changement notable : les Congrégations pour le culte divin et pour
les sacrements sont réunies dans un seul et même dicastère, la "Congrégation du culte divin et de la discipline des sacrements"
La Secrétairerie d’Etat du Vatican garde son nom, alors que le projet
initial était de la baptiser "Secrétairerie apostolique", ce qui lui aurait
donné une connotation moins bureaucratique. Par contre, elle est organisée
en deux sections : le Conseil pour les Affaires publiques de l’Eglise,
chargé des rapports avec les Etats, disparaît sous cette appellation et est
désormais relié à la seconde section de la Secrétairerie d’Etat, chargée
des problèmes diplomatiques.
La nouvelle constitution concerne également l’Institut pour les oeuvres
de religion (IOR souvent appelé "la Banque du Vatican"). Elle fait
remarquer que cet Institut ne fait pas partie de la curie romaine. Le texte
précise qu’il est désormais placé sous le contrôle du Conseil des 15
cardinaux pour l’étude des problemes administratifs et économiques du
Saint-Siège - les "grands argentiers" - qui se tiendra informé des
activités de l’Institut afin de veiller à la protection et à
l’administration des capitaux destinés à des oeuvres de religion et de
charité. L’Institut est régi par ses propres normes, précise encore la
constitution.
Il faut attendre les décrets d’application
Il s’agit d’une constitution dont le texte a été voulu très peu chargé
et le plus simple possible. Il faudra attendre les décrets d’application
pour saisir un peu mieux la portée de la réforme.
Il faut aussi souligner les motivations qui ont conduit le pape à réaliser cette réforme. Dans la préface de la constitution, Jean Paul II insiste
beaucoup sur le rôle très important des visite quinquennales au siège de
Pierre (visites "ad limina"). La réforme, en effet, a été conçue dans un
esprit de collégialité. Le pape le rappelle d’ailleurs : la curie est au
service de l’Eglise universelle.
Une consultation très large a précédé aussi la réforme. "Il apparaît
évident, précise Jean Paul II, que le but de la curie romaine, même si elle
ne fait pas partie de la constitution essentielle, voulue par Dieu, de
l’Eglise, présente un caractère vraiment ecclésial."
Le pape met aussi l’accent sur l’internationalisation de la curie et sur
la "fusion d’énergies" qui s’opère à travers les rencontres constantes avec
les religieux, les prêtres, les évêques, les laïcs du monde entier qui
viennent à Rome. La réforme a été réalisée dans "un esprit de coopération,
à travers la communion", écrit encore le pape, "communion de vie, d’amour
et de vérité avec les Eglises particulières". (apic/gm/be)