Vatican : recevant le corps diplomatique, (100189)
Rome, 10janvier(APIC/CIP) C’est un large panorama de la situation mondiale auquel Jean Paul II a procédé lundi 9 janvier en recevant le corps diplomatique accrédité près le Saint-Siège pour la traditionnelle cérémonie
de présentation des voeux du Nouvel An.
Jean Paul II a fait dans son discours le point sur la situation
mondiale. "Certes, a-t-il dit, le regard de l’Eglise sur les défis de notre
temps n’est pas toujours celui que portent les nations. Mais l’expérience
des siècles, comme la référence constante aux mêmes valeurs et aux mêmes
critères éthiques permettent aux vues du Saint-Siège - situés au-delà des
intérêts politiques, économiques et stratégiques - d’offrir un point de
référence à l’observateur impartial et soucieux d’élargir les fondements de
son jugement."
Des motifs d’espoir
Pour le pape, la communauté internationale a quelques motifs de se
réjouir de "la consolidation de la détente entre l’Est et l’Ouest, ainsi
que des progrès enregistrés dans le secteur du désarmement, tant au niveau
bilatéral entre l’URSS et les USA, en ce qui concerne les armes stratégiques, qu’au niveau multilatéral au sujet des armes chimiques".
A ce propos, le Saint-Siège souhaite que la conférence en cours à Paris
sur l’interdiction des armes chimiques "porte des fruits durables". Par
ailleurs, "la volonté d’aborder avec détermination la question de la réduction des armements conventionnels en Europe, manifestée aussi bien par
l’OTAN que par le Pacte de Varsovie, laisse penser que bientôt les négociateurs des pays concernés seront dûment mandatés pour définir une approche
commune et proposer des mesures concrètes et des mécanismes de contrôle efficaces, propres à libérer réellement les peuples européens de la crainte
provoquée par la présence d’armes offensives et l’éventualité d’attaquessurprise".
Jean Paul II a aussi évoqué la Conférence de Vienne, disant l’intérêt du
Saint-Siège pour la Conférence sur la Sécurité et la Coopération en Europe,
qui y est en cours, et disant son espoir qu’elle pourra déboucher sur un
document final "substantiel et équilibré", ou les droits de l’homme et la
liberté religieuse figurent en bonne place.
Jean Paul II a souhaité que les développements survenus récemment en
URSS et dans d’autres pays de l’Europe centrale et orientale "contribuent à
créer les conditions propices à un changement de climat et à une évolution
des législations nationales, pour passer effectivement du stade de la
proclamation des principes à celui de la garantie des droits et des
libertés fondamentales de tout homme. Un tel processus, a ajouté le pape,
devrait notamment conduire, dans ces pays, à l’émergence d’une conception
de la liberté de la religion conçue comme un véritable droit civil et
social".
Evoquant l’Amérique Centrale, Jean Paul II s’est réjoui des Accords
d’Esquipulas II. "Les concepts de démocratisation, de pacification et de
coopération régionale, a-t-il affirmé, devraient trouver un écho toujours
plus large chez les responsables politiques."
Espoir encore après le cessez-le-feu entre l’Iran et l’Iraq, le pape jugeant "réconfortants" les pourparlers menés sous l’égide de l’ONU, et de
l’Afghanistan. Au sujet de ce dernier pays, Jean Paul II a déclaré : "Le
retrait effectif des troupes étrangères de l’Afghanistan devrait être le
prélude à une solution honorable permettant à chaque partie intéressée de
favoriser une nouvelle étape dans la reconstruction et le développement de
ce pays."
Pour l’Asie, le pape s’est dit confiant dans un réglement global du problème cambodgien et a dit son espoir d’un dialogue toujours plus fructueux
du Vietnam dans le concert des nations, "y compris en matière religieuse".
Quant au problème coréen, s’il est "complexe", les efforts des autorités
sont "dignes et encourageants".
Le pape voit d’autres motifs de réconfort en Afrique, particulièrement
en Afrique australe, grâce au Protocole de Brazzaville et à l’Accord de New
York en vue de l’indépendance de la Namibie et la pacification de l’Angola.
Ultime signe de "bonne volonté" mentionné par le pape : l’immense
mouvement de solidarité pour venir en aide aux sinistrés d’Arménie.
Des sujets de préoccupation
Jean Paul II en est venu ensuite aux sujets de préoccupation, qui "ne
manquent pas". "Ces derniers jours, a-t-il enchaîné, la tension survenue en
Méditerranée à montré, une fois encore, combien l’équilibre international
est fragile."
Il a pris note d’éléments nouveaux pour le peuple palestinien, qui
"semblent favoriser la solution préconisée depuis longtemps par l’ONU, à
savoir le droit des peuples palestiniens et israélien à une patrie." Il a
redit encore son souhait que Jérusalem soit une ville sainte pour les diverses communautés qui y sont présentes.
Le pape a redit aussi sa "consternation" face au drame du Liban. "nous
ne saurions, a-t-il dit, nous résoudre à voir ce pays privé de son unité,
de son intégrité territoriale, de sa souveraineté et de son indépendance."
A propos du 40e anniversaire de la déclaration universelle des Droits de
l’Homme, Jean Paul II a insisté sur le fait qu’elle concerne "tous les hommes, en tous lieux". Et de souligner : "Il est apparu essentiel, pour éviter la répétition d’horreurs que nous avons tous en mémoire, que la sphère
inviolable des libertés et des facultés propres à la personne humaine soit
désormais mise à l’abri d’éventuelles contraintes physiques ou psychiques
que le pouvoir serait tenté de lui imposer."
Par ailleurs, la sphère inviolable des libertés doit inclure celles qui
sont indispensables à la vie de la famille et des communautés de croyants.
Outre les droits civils, politiques, sociaux et culturels, le pape a
insisté encore sur le droit au développement et à l’environnement,
exigences "difficiles encore en termes juridiques contraignants", mais qui
pénètrent de plus en plus la conscience de l’humanité dans son
interdépendance avec la nature.
Au moment de conclure, Jean Paul II est revenu sur le thème de la liberté religieuse, dont le respect est, a-t-il dit, "comme un test pour
l’observance des autres droits fondamentaux". (apic/cip/gm/bd)