Vatican: Publication d’une instruction sur l’utilisation (090692)
Lutter contre les idées erronées
Rome, 9juin(APIC) Dans un document publié mardi et intitulé "Instruction
sur certains aspects de l’utilisation des instruments de communication sociale dans la promotion de la doctrine de la foi", le Vatican rappelle les
normes canoniques en vigueur et les autorisations nécessaires pour la publication de certains écrits. Le document de la Congrégation pour la doctrine de la foi, d’une quinzaine de pages, s’adresse aux responsables de
l’instruction des fidèles - les évêques -, qui ont le devoir de conserver
intact le dépôt de la foi et, s’il le faut, d’intervenir avec des moyens
adaptés. Il s’agit pour le Vatican de lutter contre les "idées erronées qui
se répandent toujours davantage".
Deux ans après avoir publié une "Instruction sur la vocation ecclésiale
du théologien" (14 mai 1990), la Congrégation que dirige le cardinal Ratzinger propose aujourd’hui une nouvelle Instruction qui fait état des "difficultés que rencontrent, pour diverses raisons, ceux qui sont appelés à
remplir une telle tâche de soin et de vigilance". Elle constate qu’à travers les moyens de communication sociale en général et plus particulièrement les livres, "des idées erronées se répandent toujours davantage".
Afin d’encourager et d’aider les pasteurs dans l’accomplissement de leur
devoir, l’Instruction reprend de manière systématique la législation de
l’Eglise en la matière: le droit canon est cité 71 fois ! Une brève introduction situe l’enjeu de ce document : "Les normes canoniques constituent
une garantie pour la liberté de tous; celle des fidèles, qui ont le droit
de recevoir le message de l’Evangile dans sa pureté et son intégralité aussi bien que celle des responsables pastoraux, des théologiens et de tous
les publicistes catholiques, qui ont le droit de communiquer leur pensée,
restant sauves l’intégrité de la foi et des moeurs et le respect envers les
Pasteurs".
La Congrégation romaine, à cet égard, se fait un devoir de dire aux
théologiens, aux responsables pastoraux et aux publicistes qu’elle apprécie
leur apport dans le domaine de l’information religieuse. Concernant la responsabilité des pasteurs, l’Instruction rappelle leur droit d’intervenir
pour la sauvegarde de la foi et des moeurs.
Suggérer l’intervention de la Congrégation pour la doctrine de la foi
Elle leur recommande de se maintenir constamment en contact avec le monde de la culture et de la théologie dans leurs diocèses respectifs; de faire appel à des commissions doctrinales et des personnes ou institutions fidèles à l’enseignement de l’Eglise et qui ont la compétence scientifique
nécessaire; de maintenir le contact avec les dicastères de la curie romaine, particulièrement avec la Congrégation pour la doctrine de la foi, à
laquelle ils communiqueront en outre "tout ce qui peut être considéré comme
important en matière doctrinale, tant du point de vue positif que négatif,
en suggérant aussi d’éventuelles interventions".
La seconde partie a trait à l’approbation ou autorisation par l’évêque
de diverses catégories d’écrits, recommandée pour des matières comme
l’Ecriture Sainte, la théologie, le droit canon, l’histoire ecclésiastique
et les disciplines religieuses ou morales, ainsi que pour les écrits où se
trouvent des éléments qui concernent de manière particulière la religion ou
l’honnêteté des moeurs. L’autorisation est requise également pour la collaboration à certains organes de communication: l’évêque "devra considérer
attentivement s’il est opportun ou non, et à quelles conditions, de donner
aux clercs ou aux religieux la permission d’écrire dans les journaux, opuscules ou revues périodiques qui ont coutume d’attaquer ouvertement la religion catholique ou les bonnes moeurs".
Editeurs et diffuseurs: pas de livres contraires à la foi et à la morale
La troisième partie intéresse les fidèles qui travaillent dans le secteur
de l’édition (y compris la diffusion et la vente). Ils éviteront, relève
l’Instruction, de coopérer à la diffusion d’ouvrages contraires à la foi et
à la morale, et s’emploieront aussi à diffuser des écrits "qui contribuent
au bien humain et chrétien des lecteurs". L’activité des maisons d’édition
qui dépendent d’institutions catholiques (diocèses, instituts religieux,
associations catholiques, etc.) "doit se dérouler en harmonie ave l’enseignement de l’Eglise et en communion avec les pasteurs, dans l’obéissance
aux lois canoniques, compte tenu aussi du lien spécial qui les unit à l’autorité ecclésiastique".
Ces maisons d’édition catholiques "devront faire l’objet d’une particulière attention des ordinaires du lieu" (évêques). L’instruction souligne
enfin la responsabilité des supérieurs religieux. Ceux-ci peuvent exiger
que leur autorisation à la publication d’écrits précède celle de l’évêque
et soit mentionnée dans la publication. Ainsi, les maisons d’édition dépendant de l’Eglise ou de ses institutions ne devront pas publier d’écrits qui
n’auraient pas reçu - si elle est prescrite - l’autorisation ecclésiastique
requise. Le livre concerné devra mentionner l’autorisation, avec le nom du
l’évêque qui l’a donnée, le lieu et la date. (apic/jt/cic/be)