Vatican : Poursuite des négociations entre le (191189)
Toujours des sièges épiscopaux vacants
Rome, 19novembre(APIC/CIP) Une délégation du Saint-Siège, dirigée par Mgr
Francesco Colasuonno, nonce apostolique avec charge spéciale pour les pays
de l’Est, a rencontré du 14 au 16 novembre une délégation officielle tchécoslovaque, sous la conduite de Vladimir Janku, vice-ministre et directeur
du Département tchécoslovaque pour les affaires religieuses. La vie religieuse et la nomination d’évêques sur des sièges épiscopaux vacants depuis
plusieurs années étaient au centre des négociations qui se sont déroulées,
selon la salle de presse du Vatican, dans une atmosphère "ouverte et cordiale".
La délégation tchécoslovaque était à Rome pour la canonisation, le dimanche 12 novembre, de sainte Agnès de Bohème. Les pourparlers ont porté
notamment sur les nominations épiscopales. Sept sièges épiscopaux sur treize sont en effet toujours vacants, bien que quatre évêques aient pu être
nommés par le pape Jean Paul II le 20 juillet dernier pour les diocèses de
Trnava, Litomerice, Spis et Olomouc. Les conclusions de ces récents entretiens officiels à Rome seront communiquées aux instances concernées pour
préparer la suite de la concertation. Le 13 novembre, s’adressant à un
groupe de pèlerins tchécoslovaques venus à Rome pour la canonisation de
sainte Agnès de Bohême, le pape avait relevé que "le nombre des évêques
n’est, certes, pas encore complet". Mais il s’était cependant réjoui des
quatre nominations épiscopales rendues possibles ces derniers mois. Ces nominations, avait-il dit, sont un bon signe pour l’avenir. Le Vatican espère
pouvoir bientôt doter le pays des "Conférences épiscopales nécessaires".
Toujours des ingérences de l’Etat dans les affaires religieuses
D’autre part, le cardinal Frantisek Tomasek, archevêque de Prague toujours en poste malgré ses 90 ans, a déclaré à l’agence italienne ADN Kronos
qu’il pouvait compter sur l’appui total du pape pour résoudre les problèmes
de l’Eglise catholique en Tchécoslovaquie. "Le pape, Karol Wojtyla, a toujours été proche de moi et de l’Eglise tchécoslovaque depuis qu’il a été
archevêque de Cracovie". Le cardinal Tomasek déplore cependant que le régime en place à Prague poursuit ses ingérences dans les affaires religieuses,
"bien que les autorités semblent avoir l’intention d’accorder une plus
grande liberté de mouvement".
Quant aux nominations d’évêques tant attendues, Mgr Tomasek affirme que
"c’est une urgence : sans évêque, une Eglise locale est orpheline !" Concernant les dernières manifestations dans les rues de Prague, Mgr Tomasek
souligne que les gens n’ont plus peur comme avant, bien que la situation
semble actuellement bloquée : "la Tchécoslovaquie n’est pas l’Union soviétique", déplore-t-il. (apic/jt/be)