Vatican : mise au point du Saint-Siège (111288)
Rome, 11décembre(APIC/CIP) Cela fait près de quatorze mois que le siège
archi-épiscopal de Cologne est vacant - depuis le décès, en octobre 1987,
du cardinal Josef Höffner, - en raison, semble-t-il, d’un contentieux
opposant le chapitre métropolitain de Cologne et le Vatican. Cette
situation anormale, qui ne laisse pas d’inquiéter les catholiques de
Cologne (le second diocèse du monde en importance quant à ses ressources)
et les autorités des deux Etats concernés (Rhénanie-Westphalie et
Rhénanie-Palatinat), serait due au refus par le Saint-siège des candidats
proposés par le chapitre métropolitain de Cologne, selon une procédure
fixée par un concordat vieux de près de 60 ans.
Ce que certains ont déjà appelé un "bras de fer" entre Rome et le diocèse ouest-allemand devrait connaître son épilogue dans les jours qui viennent. Samedi, le directeur de la salle de presse du Saint-Siège, Joaquin
Navarro-Valls, a fait une déclaration en cinq points, en réaction à "des
informations inexactes qui pourraient induire l’opinion publique en erreur".
Le Saint-Siège conteste tout d’abord l’affirmation selon laquelle le
concordat signé avec la Prusse exigerait que le pape choisisse les évêques
en s’en tenant à une liste de candidats proposés par les chapitres des
diocèses concernés. Le critère établi par ce concordat est différent,
précise la déclaration du Saint-Siège : il prévoit que "le pape doit tenir
compte aussi bien des listes des ecclésiatiques présentées par les chanoines que de celles qui sont proposées par les évêques de la région"; du
reste, "le Saint-Père n’est pas lié par de telles listes".
Le Vatican dément aussi que le pape prétende imposer son candidat (NdlR:
on a parlé du cardinal Joaquim Meisner, archevêque de Berlin (RDA)), "vu
qu’il soumet au chapitre de Cologne, en pleine conformité avec les normes
concordataires en vigueur, les noms de trois ecclésiastiques parmi lesquels
ils ont à élire, par un vote libre et secret, le futur archevêque".
En troisième lieu, précise le Saint-Siège, au cas ou une majorité absolue ne se dégagerait pas du vote des chanoines sur un des trois candidats
proposés par le pape, la faute n’en incombe certes pas au Saint-siège, qui
s’est toujours montré respectueux du vote du chapitre, comme des statuts de
ce dernier, qui prévoit que l’élection du nouvel archevêque requiert la majorité absolue.
Il reste que le pape est tenu de pourvoir le siège épiscopal vacant. La
déclaration du Saint-Siège renvoie à ce sujet au canon 165 du Code de Droit
canonique. Celui-ci précise que s’il s’avère qu’un collège ne parvient pas
à désigner dans un délai de trois mois celui qu’il est appelé à élire, la
nomination est automatiquement "du ressort de l’autorité supérieure".
Pour cette raison, précise enfin la déclaration du Saint-Siège, "il est
clair que la nomination au siège métroplitain de Cologne se fera comme cela
s’est toujours fait jusqu’ici pour les autres diocèses allemands, dans la
plus fidèle observation de toutes les normes canoniques et concordataires
en vigueur. Toute infomation contraire pourrait objectivement paraître
offensante pour le Saint-Siège". (apic/jt/bd)