Une attaque pourrait être "légale" sans être "morale"
Rome, 30 janvier 2003 (APIC) L’envoi d’une délégation du Saint-Siège à Bagdad devient de plus en plus probable alors que les menaces contre l’Irak ne cessent de s’amplifier. Intervenant dans la matinée du 30 janvier à un congrès sur le volontariat, Mgr Jean-Louis Tauran, secrétaire pour les relations avec les Etats, a affirmé que le Saint-Siège pensait à "un geste concret", qui pourrait se réaliser "dans les prochains jours", mais que tout était encore à l’état de projet.
A la mi-janvier, la possibilité de l’envoi d’une délégation avait déjà été évoquée. Comme "geste concret" dont a parlé le prélat français, "ministre des Affaires étrangères" du Vatican, Jean Paul II pourrait aussi, comme il l’avait fait lors de la première guerre du Golfe, transmettre une lettre à Saddam Hussein ainsi qu’au président américain George Bush.
Lors du conflit dans les Balkans, Mgr Jean-Louis Tauran s’était lui- même rendu à Sarajevo en avril 1999. Mais cette fois-ci, il a clairement affirmé que s’il y avait un envoi de délégation, il ne ferait pas partie du groupe. Aux journalistes présents à ce congrès, Mgr Tauran n’a pas nié que dans le cas d’une résolution de l’ONU, l’attaque contre l’Irak serait "légale". "Toutefois, a-t-il ajouté, il ne faut pas oublier que la légalité est une chose et que les conséquences morales et humanitaires en sont une autre". (apic/imedia/be)