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    Une Eglise particulièrement chère à Rome

    Vatican : message de Jean Paul II aux catholiques ukrainiens (190488)

    Rome, 19avril(APIC/CIP) Après avoir consacré une lettre apostolique au

    millénaire du baptême de la Rus’ de Kiev ("Euntes in mundum"), un document

    rendu public le 22 mars dernier, Jean Paul II vient d’adresser à cette même

    occasion un "message" destiné cette fois à l’Eglise catholique ukrainienne.

    Dans ce document d’une quinzaine de pages intitulé "Magnum Baptismi

    Donum" et rendu public le mardi 19 avril, le pape rappelle que le don du

    baptême reçu à Kiev il y a mille ans fut le commencement de la foi et de la

    vie chrétienne des peuples de la Rus’. "Cet événement, écrit-il, a été à

    l’origine non seulement de l’identité chrétienne, mais de l’identité

    culturelle des peuples ukrainien, russe et biélo-russe, et par conséquent,

    de leur histoire".

    Jean Paul II rappelle le sens du baptême par lequel l’homme, "plongé"

    dans la mort rédemptrice du Sauveur, est en même temps introduit dans une

    "vie nouvelle" manifestée pleinement lors de la résurrection du Christ.

    "Pour les peuples de la Rus’, explique-t-il, le baptême de 988 fut l’événement historique de leur incorporation dans le Christ crucifié et glorifié,

    les faisant renaître à la vie même de Dieu".

    Le pape fait mémoire des ancêtres de la Rus’ de Kiev, ville à laquelle

    le peuple ukrainien est lié géographiquement et historiquement. Il rappelle

    aussi que l’entrée de la Rus’ en sein des peuples chrétiens a été précédée

    par celle d’autres peuples slaves : les Slaves méridionaux, notamment les

    Croates, ont été christianisés dès 650, puis d’autres peuples slaves sont

    entrés dans la famille chrétienne de l’Europe, "grâce à l’activité

    missionnaire et à la vcocation oecuménique des saints frères de

    Thessalonique, Cyrille et Méthode", que Jean Paul II a lui-même proclamés

    patrons de l’Europe avec saint Benoît. Si le patrimoine byzantin devint

    aussitôt accessible et put être assimilé plus facilement par la Rus’ de

    Kiev - qui fut évangélisée essentiellement par des missionnaires venus de

    Constantinople -, c’est grâce à la traduction de la Sainte Ecriture et des

    livres liturgiques en langue paléoslave, à l’initiative de Cyrille et

    Méthode.

    Une perspective oecuménique nouvelle

    La nouvelle Eglise de Kiev fut constituée avant qu’intervienne la

    rupture entre Rome et Constantinople. Ce n’est qu’une fois celle-ci

    consommée qu’elle fut amenée à se détacher de la communion avec le Siège de

    Pierre. Cependant, rappelle le pape, elle resta en contact avec ses frères

    catholiques voisins et avec le Siège apostolique, et les tentatives

    sincères en vue de rétablir la pleine communion furent nombreuses.

    Tout cela s’exprima clairement par l’Acte d’Union de Brest (1596),

    lorsqu’une partie des évêques de la province de Kiev renouvelèrent leurs

    liens de communion avec le Siège apostolique. "Dans cette tentative pour

    revivre, en la reconstituant visiblement, la pleine "communio" entre

    l’Orient et l’Occident, affirme Jean Paul II , nous reconnaissons le motif

    fondamental de l’Union de Brest, exprimé selon la conscience ecclésiale de

    cette époque. L’Union de Brest, dans l’intention de ceux qui y ont

    travaillé au milieu d’incompréhensions et d’oppositions de toutes sortes,

    n’était dirigée contre personne. Elle visait la construction d’une Eglise

    qui, en Orient comme en Occident, pût jouir de la pleine unité visible qui

    s’enracine dans la foi unique et dans l’unique baptême".

    "C’est dans cet esprit, ajoute le pape, que l’on doit comprendre aussi

    les autres tentatives qui ont été faites au cours des siècles, en fonction

    des situations historiques concrètes, pour rétablir la pleine communion.

    Ces tentatives n’ont pas été justement comprises et approuvées; elles ont

    eu parfois pour conséquence, ni prévue ni désirée, d’introduire de nouveaux

    déchirements à l’intérieur de la communauté chrétienne. Alors sont nées des

    communautés qui ont "maintenu pendant des siècles leur communion avec le

    Siège romain". Ces communautés, dont fait notamment partie l’Eglise

    catholique ukrainienne, "ont évidemment droit à la solidarité de la

    communauté catholique, et spécialement de l’évêque de Rome".

    Jean Paul II insiste sur le désir ardent d’unité éprouvé aujourd’hui

    par l’Eglise et toute la chrétienté dont on trouve une expression dans le

    Concile Vatican II. Le pape cite à ce propos les décrete conciliaires sur

    les Eglises orientales et sur l’oecuménisme. Il invite ceux qui travaillent

    au rétablissement de la pleine communion avec les Eglises d’Orient à bien

    considérer la condition qui était la leur à l’époque de leur naissance et

    de leur croissance, et la nature de leurs relations avec le Siège romain

    avant la scission, et "à se former sur tous ces points un jugement

    équitable". Le Concile souligne aussi la grande valeur des traditions

    liturgiques, spirituelles, disciplinaires ou théologiques de ces Eglises.

    Les pères conciliaires se réjouissent pas ailleurs que les Eglises

    catholiques orientales "gardent ce patrimoine et désirent en vivre plus

    purement et pleinement" et, écrit le pape, "ils ne voient pas dans ces

    Eglises un obstacle à la pleine communion avec les frères orthodoxes; au

    contraire, dans la mesure ou resplendit en elles l’intuition première qui

    leur donna naissance, dans sa profondeur, elles peuvent comprendre d’une

    manière particulièrement claire la nouvelle perspective oecuménique

    suggérée par l’Esprit à l’Eglise tout entière, à travers le Concile. Ces

    Eglises sont donc appelées, maintenant plus que jamais, à remplir dans cet

    esprit leur rôle en vue de la construction de l’unité visible de l’Eglise".

    Une identité particulière légitime

    Saluant les pasteurs, les prêtres, les religieux et les fidèles de la

    communauté catholique ukrainienne, le pape écrit : "En un moment historique

    extraordinaire pour votre Eglise éprouvée par de grandes adversités en ces

    dernières décennies, je voudrais réaffirmer une fois encore que sa

    dimension de catholicité et, de même, son identité particulière méritent un

    grand respect. Puisse l’avenir (...) nous donner la joie de voir dépassées

    les incompréhensions et la défiance mutuelle, et reconnu le plein droit de

    chacun à son identité et à sa profession de foi. L’appartenance à l’Eglise

    catholique ne doit être considérée par personne comme incompatible avec le

    bien de sa patrie terrestre et avec l’héritage de saint Vladimir. Puisse la

    multitude de vos fidèles jouir de la vraie liberté de conscience et du

    respect de leurs droits religieux en rendant à Dieu un culte public selon

    leur tradition multiforme, dans leur rite et avec leurs pasteurs".

    Jean Paul II souligne l’affection particulière du Siège apostolique pour

    l’Eglise catholique ukrainienne qui a "donné de nombreuses preuves de son

    attachement à Rome, sans exclure l’épreuve suprême du martyre". C’est

    pourquoi, dans la diaspora, la célébration principale du millénaire aura

    lieu à Rome. Elle sera ouverte par Jean Paul II en union avec tous les

    catholiques ukrainiens et leurs pasteurs dispersés dans le monde entier. Le

    pape dit sont ardent désir de chanter dans leur langue le Te Deum d’action

    de grâces à Saint-Pierre. (apic/cip/ym)

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