Vatican : les employés inaugurent (290288)
Une "grève chrétienne" destinée à donner une "leçon morale"
Rome, 29février(APIC) Durant trois heures lundi 29 février une partie des
1’800 employés laïcs du Vatican se sont mis en grève pour protester contre
la décision "unilatérale" de la Secrétairerie d’Etat de payer les salaires
des employés à la fin du mois, comme c’est le cas en Italie, et non plus au
début, comme c’était l’habitude dans le plus petit Etat du monde. Mais ce
conflit du travail est tout à fait original : selon Mariano Cerullo, président de l’Association des employés laïcs du Vatican (ADLV), il s’agissait
d’une "grève chrétienne", destinée à donner une "leçon morale" à l’employeur.
Ainsi, en guise de "leçon morale", les employés étaient présents à leur
poste et ont travaillé normalement. Ils ont fait don de leur salaire aux
oeuvres pontificales par solidarité avec ceux qui souffrent de la faim dans
le monde. D’après le président de l’ADLV, plus de 90% des employés du Vatican ont suivi le mouvement, ce dont cependant on doutait dans certains bureaux du Vatican.
Les employés de Radio Vatican, de la poste vaticane, de l’Osservatore
Romano, les gardiens de musées, les jardiniers et les portiers sont tout de
même apparus ponctuellement à leur poste de travail lundi matin, tout en
faisant cadeau de trois heures de salaire. Le changement de la date du versement des salaires touche avant tout les employés avec charge de famille.
La première "grève" avait été annoncée pour le 1er février, mais un compromis s’est dessiné : le Vatican paierait les salaires seulement le 10 février, mais il y aurait la possibilité pour les cas de nécessité d’obtenir
une avance d’environ 600 francs dès le début du mois. Les employés laïcs du
Vatican travaillent 36 heures par semaine pour un salaire oscillant entre
environ 1200 et 1900 francs. D’après les Accords du Latran, ils ne paient
pas d’impôts à l’Etat italien et bénéficient d’avantages en nature, comme
des bons d’essence hors taxe ou le droit d’acheter dans le magasin du Vatican "Annona", des habits ou de la nourriture meilleur marché qu’en Italie.
(apic/be)