Par un motu proprio publié le 28 octobre 2019, le pape François a décidé de renommer les "Archives secrètes du Vatican" en "Archives apostoliques du Vatican". Il explique ce choix par les “évolutions sémantiques” qui donnent au mot ‘secret’ un sens “préjudiciable” de “caché”.
Toutes les institutions humaines, considère le pontife dans cette
lettre apostolique, sont fatalement marquées par le temps. Ainsi, si l’objectif
peut perdurer, la physionomie de ces institutions peut être amenée à évoluer
selon les époques et les cultures. Désormais quatre fois centenaires, les
Archives secrètes du Vatican sont aussi concernées par ces changements
inévitables.
"Tout le contraire" de secrètes
Le mot ‘secrètes’, poursuit le successeur de Pierre, était
justifié au 16e siècle lors de la création de ces Archives, car il s’agissait
des archives “privées” du pontife. Le terme était alors accepté sans aucune
difficulté. Toutefois, du fait des “évolutions sémantiques progressives”, il
est désormais “mal compris, teinté de nuances ambiguës, voire négatives”. Il
porte en effet de nos jours un sens “préjudiciable” de “caché”.
C’est pourtant “tout le contraire” de l’objectif des
Archives secrètes, assure le pape. C’est pourquoi, il a décidé après
consultations de les renommer en “Archives apostoliques du Vatican”. Cette
nouvelle dénomination permet de montrer le lien étroit entre cette institution
et le Siège apostolique, ainsi que le service indispensable qu’elle réalise.
Archives du pontificat de Pie XII
Dans son motu proprio, le pape François rappelle par
ailleurs que les Archives secrètes ont toujours été ouvertes aux demandes de
documentation. Dès le 17e siècle, de nombreuses œuvres ont pu être publiées
grâce à des documents de cette institution. Puis, en 1881, ces archives ont été
ouvertes aux chercheurs de tous les pays. Désormais, le nombre de chercheurs
admis ne cesse d’augmenter tandis que ces documents sont progressivement rendus
consultables.
La prochaine ouverture d’archives aura lieu le 2 mars 2020.
Seront alors accessibles les documents jusqu’à la fin du pontificat de Pie XII
(1939-1958). Les chercheurs auront alors toute latitude pour étudier l’action
de ce pape pendant la Seconde Guerre mondiale. (cath.ch/imedia/xln/rz)