Vatican : le pape reçoit les évêques du Soudan
Un appel à la solidarité internationale
Rome, 14février(APIC/CIP) Le pape Jean Paul II a reçu samedi à Rome une
délégation des évêques catholiques du Soudan en visite "ad limina". A cette
occasion, le pape a dressé un tableau des fléaux qui accablent le pays - la
guerre civile qui ravage le Sud du pays, le grand nombre de réfugiés, la
famine - et lancé un appel à la solidarité internationale.
"Vous êtes, a dit le pape aux évêques du Soudan, les témoins de la souffrance de vos peuples". Le pape a alors parlé des conséquences sérieuses de
la crise des valeurs morales qui dérivent des situations d’insécurité et du
manque d’occasions pour l’éducation et le développement. Le pape a parlé
concrètement de la destruction des liens familiaux, la perte du sens de la
valeur et de la dignité de la vie humaine et dénoncé "la croissance d’une
mentalité de violence".A ce sujet, le pape a rappelé la responsabilité pastorale des évêques et la nécessité d’une réponse de toute l’Eglise et remercié les évêques soudanais pour les "initiatives courageuses pour la proclamation de l’Evangile qu’ils ont déjà prises devant ces grandes difficultés". Le pape s’est réjoui du fait que malgré les graves problèmes
qu’affronte le pays, les vocations augmentent au Soudan. Il a également
souligné le rôle fondamental que jouent les catéchistes laïcs dans l’éducation religieuse des enfants et des adultes.
L’Eglise a un respect profond pour tous les non-chrétiens
Evoquant la société soudanaise multi-religieuse, le pape a souligné que
"l’Eglise a un respect profond pour tous les non-chrétiens, parce qu’elle
croit que le plan de salut inclut aussi tous ceux qui reconnaissent le
Créateur : c’est ainsi qu’il y a une base solide pour un dialogue mutuel et
une coexistence pacifique avec les musulmans". Le pape, abordant alors le
thème de la liberté religieuse, a déclaré qu’aucun individu ou groupe ni
l’Etat ne peut revendiquer l’autorité dans le domaine des convictions religieuses. Si l’Etat accorde un statut spécial à une religion particulière
représentant la foi de la majorité, "l’Etat ne peut pas imposer ou revendiquer d’imposer cette religion à tout le peuple ou limiter la liberté religieuse d’autres citoyens ou d’étrangers qui vivent dans le pays", a souligné le pape.
Le pape a ensuite exprimé sa profonde préoccupation pour le conflit armé
qui continue dans la région méridionale du Kordofan. Jean Paul II souhaite
que l’on trouve une solution négociée qui respecte les aspirations du
peuple concerné. Il a également fait part de son souci pour le sort du
grand nombre de réfugiés qui vivent concentrés dans les principales villes
du Nord et du Sud. Il a encouragé les évêques à continuer à soutenir les
réfugiés et les sans-abris et a exprimé l’espoir que la communauté internationale répondra à l’appel à l’assistance humanitaire lancé par le Soudan.
(apic/jt/be)