Rome, 6mars(APIC/CIP) Jean Paul II a reçu samedi 5 mars, les participants
de l’Assemblée plenière du Secrétariat pour les non-croyants, réunis sur le
thème: "Idéologies, mentalité et foi chrétienne".
Le pape a indiqué que si les idéologies manifestent encore quelque vigueur dans certaines régions du monde, elles tendent cependant à stagner ou à
s’affaiblir, "même là ou elles jouissent d’un statut officiel". Par contre,
"une vague de sécularisation s’est étendue à travers le monde".
Cela conduit trop souvent, a constaté Jean Paul II, "au relativisme moral et à l’indifférence religieuse... Il y a moins d’athées déclarés, mais
beaucoup de non-croyants, beaucoup de personnes vivant comme si Dieu
n’existait pas et qui se situent en-dehors de la problématique foi-noncroyance, Dieu ayant comme disparu de leur horizon existentiel". Par ailleurs est apparu, a ajouté le pape, "un nouveau type de mentalité néoscientiste", qui tend à restreindre le jeu de la raison à la seule rationnalité scientifique. Une vision qui tend pourtant à perdre de son assurance, car "les déçus du progrès technologique sont de plus en plus nombreux".
Jean Paul II a notamment fait allusion ici aux catastrophes écologiques, à
la menace d’une conflagration thermo-nucléaire et aux risques des manipulations génétiques.
Néanmoins, a constaté le pape, "de nouveaux espaces de dialogue
s’ouvrent entre l’Eglise et ce que d’aucuns appellent déjà la post-modernité. L’Eglise est de plus en plus appelée à proposer sa vision intégrale
de l’homme, personne libre et responsable, à l’image et à la ressemblance
de Dieu, a-t-il ajouté. Elle sert en effet les valeurs authentiques et
empêche que le progrès technique ne se retourne contre l’homme."
Quant à l’athéisme, à la non-croyance et à l’indifférence religieuse,
l’Eglise a pris une conscience plus vive de "ce drame majeur de notre
temps", a dit le pape. "Vos recherches, a-t-il dit à ces hôtes, si elles
montrent la montée de l’athéisme pratique, révèlent aussi la permanence du
besoin religieux chez l’homme. Au coeur même des sociétés les plus sécularisées surgit une nouvelle génération de croyants. Ces hommes et ces femmes
apportent jour après jour le vivant témoignage que chaque être humain est
personnellement aimé de Dieu. Tel est bien le sens du dialogue des croyants
avec les non-croyants, et ce dialogue est vital." (apic/cip/bd)