de crime inouï contre Dieu et contre l’humanité
Place St-Pierre: manifestation pacifique contre l’antisémitisme
Rome, 18avril(APIC) Le pape Jean Paul II a qualifié dimanche la "shoa" de
crime inouï contre Dieu et contre l’humanité et de "véritable nuit dans
l’histoire", à l’issue d’une cérémonie solennelle pour la béatification de
5 religieux de diverses nationalités, dont la voyante et mystique polonaise
Faustyna Kowalska. Avant la prière de l’angelus, le pape a rappelé les événements terribles de l’insurrection du ghetto de Varsovie, il y a cinquante
ans, le 19 avril 1943.
A l’occasion de ce jour anniversaire, le pape a exprimé, avec l’ensemble
de la communauté catholique, sa solidarité avec le peuple juif. "Nous
prions et veillons avec vous, sous le regard juste et saint de Dieu, qui
est si riche en miséricorde et en pardon", a-t-il dit en saluant les représentants de la communauté juive de Rome et du Comité chrétien italien contre l’antisémitisme, présents Place St-Pierre, à Rome.
Ne pas oublier la "shoa"
Sur les côtés extérieurs de la Place, des militants juifs ont distribué
aux fidèles des autocollants à l’étoile de David au cours d’une manifestation pacifique organisée pour le cinquantième anniversaire du soulèvement
du ghetto de Varsovie. Malgré l’interdiction de manifester, la démonstration s’est déroulée pacifiquement.
Six membres de la section romaine de l’Association nationale des déportés politiques dans les camps nazis - abondamment filmés par les télévisions présentes et photographiés par la foule des pèlerins - se sont rendus
sur la Place St-Pierre avec un drapeau sur lequel était inscrit le nom des
sinistres camps de concentration de Mauthausen, Buchenwald, Auschwitz, Ravensbrück et Flossenburg. Une trentaine de membres du comité italien "Chrétiens contre l’antisémitisme" et du Centre d’information juif de Rome ont
déployé des banderoles qualifiant l’holocauste et la "shoa" de "sommet tragique de l’antisémitisme".
Lech Walesa parmi les pèlerins
Auparavant, devant les quelque 100’000 pèlerins massés sur la Place,
dont près d’un tiers de Polonais, accompagnés par les cardinaux Glemp et
Macharski et d’une délégation gouvernementale polonaise conduite par le
président Lech Walesa, le pape avait présenté en exemple pour tous les fidèles la vie des cinq nouveaux bienheureux.
En se référant à Soeur Faustyna, le pape a rappelé que cette fin de siècle, au-delà de toutes les conquêtes qui ont souvent dépassé celles faites
durant les siècles précédents, est aussi caractérisée par une profonde inquiétude et une peur du futur. Durant les intercessions, on a ainsi prié
pour la paix dans le monde et l’unité de toute la famille humaine, afin que
les chrétiens collaborent à l’édification d’une civilisation de l’amour.
C’est Jean Paul II lui-même, alors archevêque de Cracovie, qui avait
fait ouvrir en 1965 le procès de béatification de la religieuse Faustyna
Kowalska (1905-1938). Quatre autres religieux ont également été béatifiés
dimanche: Ludovico di Casoria (1814-1885), fondateur d’une congrégation religieuse à Naples et qui s’est consacré aux pauvres et aux immigrants de la
ville portuaire, Paula Montal Fornes, religieuse espagnole (1799-1889), le
Polonais Stanislaw Kazimierczyk (1433-1489) et Maria Angela Truszkowska
(1825-1899), également d’origine polonaise.
Faustyna Kowalska, née en 1905 dans la famille d’un menuisier, bénéficia
le 22 février 1931 de sa première vision du Christ miséricordieux et fit
exécuter selon son désir et d’après sa vision une image du Christ ressuscité avec les stigmates et avec l’inscription "Jésus, j’ai confiance en toi".
La première des images exécutées par les artistes sur les indications de la
religieuse fut éditée à Vilnius en 1935. En 1937, une image votive avec les
prières inspirées par le Christ à Soeur Faustyna fut imprimée à Cracovie et
diffusée également durant la guerre en Pologne et en Lituanie.
En 1959 cependant, la Congrégation pour la doctrine de la foi interdit
la dévotion à Jésus miséricordieux selon les formes données par soeur Faustyna. Interdiction qui n’a été levée que le 15 avril 1978.
Selon le postulateur de la cause, l’épiscopat polonais, et en particulier le futur Jean Paul II, a rassemblé une importante documentation et des
analyses sur la vie et les apparitions de soeur Faustyna. (apic/cic/mp)