Rome, 4janvier(APIC/CIP) Jean Paul II a renoué avec la pratique de Saint
Grégoire le Grand, en recevant à sa table 134 pauvres auxquels il a offert
un dîner, le dimanche 3 janvier au soir.
Tout faisait penser à la figure de Saint Grégoire le Grand qui fut pape
de 590 à 604. Dans son monastère d’origine, Grégoire avait fait construire
une salle ou il accueillait chaque jour une douzaine de pauvres, à qui il
servait personnellement le repas. Or, raconte la tradition, un jour se
présenta un treizième pauvre qui se révèla être Jésus-Christ lui-même. Une
autre fois, pendant son pontificat, Grégoire le Grand, ayant appris qu’un
pauvre était mort de faim, il décida de ne pas célébrer l’eucharistie ce
jour-là: c’était pour lui un nouveau Vendredi Saint, comme si le Christ, à
travers ce pauvre, avait été mis à mort une seconde fois.
Avant d’entamer le repas, le pape s’est entretenu avec ses hôtes. Il a
écouté deux pauvres d’origine napolitaine qui lui ont exposé différents
problèmes de leur ville. Un vieillard a demandé au pape: "Quand tombera le
rideau de fer?" puis un graphologue a proposé à Jean Paul II d’étudier son
écriture. Un couple zaïrois, tous deux physiothérapeutes et aveugles, une
femme soudanaise, un Algérien, un Tunisien, un Marocain, des mendiants dormant à même la rue ou des sans-abri tirés d’un chemin de fer ou ils ont
trouvé un logement momentané: tous ont été écoutés attentivement par le pape.
Pour le repas, Jean Paul II a pris place entre Giorgio, un étudiant en
théologie de 26 ans qui se trouve sans logement et Anselmo, 47 ans et son
fils Daniele, 7 ans. Anselmo a donné un petit cadeau au pape: le journal de
sa femme qui l’a abandonné. Le pape a parlé avec ses convives: "Le chômage
est le problème le plus grave de notre temps. La société se doit de faire
face à ce problème. L’Eglise doit aussi prendre des initiatives. Quant à
moi, je n’ai pas de réponse ou de solution...mais nous tenterons de faire
de notre mieux." "Vous vous trouvez, dit encore le pape à ses hôtes, dans
la même pauvreté que celle du Christ à sa naissance. Je vous souhaite la
force qui vient de la foi."
Le dîner avait été organisé par le Cercle Saint-Pierre, une association
fondée en 1869 pour offrir aux pauvres, une formation religieuse et une aide matérielle. Aujourd’hui cette association leur vient en aide notamment
en mettant à leur disposition des asiles pour la nuit, des maisons d’accueil, et en leur distribuant des repas.
J’espère que nous nous reverrons bientôt, a dit le pape en prenant congé
de ses hôtes. J’ai beaucoup de choses à faire. Mais je pense qu’un jour, le
Seigneur me demandera, non pas si j’ai reçu tel ou tel ministre, tel cardinal ou tel ambassadeur, mais si j’ai rencontré des pauvres et si j’ai parlé
avec eux." A chacun de ses hôtes, Jean Paul II a remis un exemplaire de
l’Evangile de Saint Marc et un chapelet. (apic/cip/bd)