Rome, 14décembre(APIC/CIP) Jean Paul II a reçu, le lundi 14 décembre, le
nouvel ambassadeur d’Indonésie, M. Roni Hendrawan Kurniadi, venu lui
présenter ses lettres de créance.
Dans son discours, le pape a noté qu’il est clair que "les grandes questions concernant le développement économique et culturel et concernant la
paix ne peuvent aujourd’hui être abordées que dans une perspective large,
qui tienne compte de l’interdépendance entre les différentes nations et
régions et même entre les continents’’.
Une telle perspective, a-t-il dit, est surtout importante dans le
domaine de la sécurité et de la paix, et dans le service du commerce, de la
production alimentaire et de la distribution. A ce propos, le pape a cité
l’exemple de l’Indonesie qui, dans l’Asie du Sud-Est, a promu le dialogue
avec ses pays voisins.
Le pape s’est également réjoui que les catholiques indonésiens aient
choisi d’être présents dans la vie du pays. L’Eglise catholique, a-t-il
précisé, soutient la charte officielle de l’Indonésie quant à l’expression
des valeurs et des aspirations de la nation et quant au cadre de la poursuite de ces nobles idéaux. "Dans son souci du bien-être de la nation, a
poursuivi Jean Paul II, l’Eglise suit les voies du respect mutuel et de la
collaboration avec d’autres traditions religieuses", car elle est "convaincue que c’est dans l’esprit de prière déployé lors de la rencontre interreligieuse d’Assise en octobre 1986 que se trouve la voie féconde et constructive à suivre".
"Etant donné son souci intime du bien-être de notre peuple, a poursuivi
Jean Paul II, l’Eglise apprecie les efforts entrepris pour promouvoir les
conditions de vie des populations de l’Irian Jaya et elle cherche à poursuivre aussi la collaboration, avec l’assistance humanitaire et avec des
projets de développement social qui pourront consolider cette perspective".
"De même, a conclu Jean Paul II, la mission universelle qu’a l’Eglise de
servir et d’aider conduit à espérer que l’on donnera une considération particulière à la protection du caractère ethnique, religieux et culturel du
peuple de Timor-Est." Notons à ce propos que plus de dix ans après l’invasion par les troupes indonésiennes de l’ancienne colonie portugaise de Timor Oriental, la guerre d’indépendance se poursuit malgré la présence
15’000 soldats d’occupation. L’annexion par l’Indonésie n’a toujours pas
été reconnue par l’ONU. A plusieurs reprise, l’Eglise catholique locale
(qui rassemble 70% des Timorais) a dénoncé les violations des droits de
l’homme perpétrées par les troupes d’occupation indonésiennes. (apic/jt/be)