"Leur autorité magistérielle prime sur la fonction des théologiens"
Rome, 10mars(APIC/CIP) La fonction épiscopale a-t-elle évolué ? C’est en
tout cas ce qu’a constaté le cardinal Ratzinger, préfet de la Congrégation
pour la Doctrine de la Foi, dans une intervention faite à la rencontre de
la délégation des évêques américains avec le pape et des responsables de la
curie romaine.
Evolution positive : les évêques prêchent davantage que par le passé, a
constaté le cardinal; de même, ils sont plus nombreux à s’exprimer, le plus
souvent en conférence épiscopale, sur les grandes questions du moment.
Le cardinal Ratzinger a aussi émis quelques regrets. Il observe ainsi
que la catéchèse est désormais davantage confiée à des experts, ce qui affaiblit l’une des fonctions essentielles de l’évêque. Mais plus encore il
déplore la place prise par les théologiens au détriment de la fonction enseignante, magistérielle de l’évêque. Les théologiens ne se contentent plus
de se consacrer à la recherche et à l’enseignant universitaire, a déclaré
le cardinal Ratzinger, mais, à travers les médias, ils influencent l’opinion publique, en émettant des thèses qui sont en dissonance avec l’enseignement de l’Eglise et étouffent ainsi la voix des évêques, prenant en
quelque sorte le relais du magistère. Pour le préfet de la Congrégation
pour la Doctrine de la Foi, cette évolution engendre l’insécurité et la
confusion.
Trop souvent, a ajouté le cardinal, l’évêque est relégué dans un rôle de
modérateur et d’administrateur et semble s’accomoder de cette situation. Il
lui faudra reconquérir son autorité magistérielle, qui prime sur la
fonction des théologiens.
Un autre problème a été abordé par le cardinal Ratzinger, celui de
l’exaltation des droits individuels, au nom de la liberté. Les valeurs
morales objectives sont ainsi reléguées dans la sphère privée, en échappant
à toute protection sociale ou publique. C’est un peu comme s’il existait
"un droit à l’immoralité, mais aucun droit de la morale", a déclaré le
cardinal, en rappelant que "le témoignage de la vérité de l’Evangile
conduit inévitablement à la passion de cette vérité", et fait de l’évêque
"un martyr au sens le plus profond du terme". (apic/cip/bd)