Vatican: le cardinal Casaroli quitte son poste de secrétaire d’Etat(021290)
Rome, 02décembre(APIC) Le cardinal Agostino Casaroli a quitté son poste
de secrétaire d’Etat du Vatican pour raison d’âge. Jean Paul II a accepté
cette démission samedi et nommé pour lui succéder Mgr Angelo Sodano, jusque
là "ministre des Affaires étrangères" du Vatican. Le pape a nommé pour succéder à ce dernier Mgr Jean-Louis Tauran, sous-secrétaire de la Secrétairerie d’Etat du Vatican pour les rapports avec les Etats. Une cérémonie a
rassemblé le même jour autour de Jean Paul II dans le palais apostolique
les quelque 150 collaborateurs de la Secrétairerie d’Etat du Vatican.
La démission du cardinal Casaroli tourne une page importante dans la vie
diplomatique du Vatican. Avec elle disparaît l’homme de l’"Ostpolitik" du
Saint-Siège, une politique qui permettait à Rome, préoccupée du sort des
catholiques dans le monde, de s’approcher des pays communistes de l’Est.
Agostino Casaroli, que le pape a qualifié dans son discours de "collaborateur sage et expérimenté", est né le 24 novembre 1914 à Castel San Giovanni, près de Plaisance. En 1961, Jean XXIII le nomme sous-secrétaire de
la Congrégation pour les Affaires ecclésiastiques extraordinaires - c’était
alors le nom de la Secrétairerie d’Etat - pour les rapports avec les Etats.
A. Casaroli fait ses premiers pas dans l’"Ostpolitik" en avril 1963 lorsque
le pape l’envoie en mission à Budapest et à Prague, en un temps de persécution pour l’Eglise catholique à l’Est dominé par la figure du cardinal Joseph Mindszenty, archevêque d’Esztergom et primat de Hongrie. En 1964, il
obtient un premier succès avec la signature d’un accord avec la Hongrie;
deux ans plus tard, un accord est passé avec la Yougoslavie, accord qui
conduit à l’établissement de relations diplomatiques entières entre l’Etat
de Tito et le Saint-Siège. Paul VI le nomme secrétaire de la Congrégation
pour les Affaires ecclésiastiques extraordinaires et en 1967 "ministre des
Affaires étrangères" du Vatican.
Le diplomate nord-italien a effectué plusieurs visites dans les pays de
l’Est. En 1971, il est au Kremlin pour signer le traité sur la non-prolifération des armes nucléaires. Jean Paul II le choisit le 28 avril 1979 comme
son premier collaborateur en le nommant pro-secrétaire (pro-, parce que Mgr
Casaroli n’était pas encore cardinal) de la Secrétairerie d’Etat. Le 1er
juillet, après avoir été créé cardinal par Jean Paul II, il est nommé secrétaire d’Etat du Vatican, charge qu’il exercera durant plus de onze ans.
A. Casaroli a continué sur le chemin de l’ouverture à l’Est et se efforts ont été couronnés de succès le 1er décembre 1989 par la rencontre au
Vatican entre le chef du Kremlin Mikhaïl Gorbatchev et le pape Jean Paul
II. Un année auparavant, en juin 1988, Mgr Casaroli avait été reçu au Kremlin par le chef de l’Etat soviétique. Du 19 au 21 novembre dernier, il représentait le Vatican à la Conférence pour la Sécurité et la Coopération en
Europe (CSCE) à Paris.
Mgr Angelo Sodano, qui sucède au cardinal Casaroli, est né le 23 novembre 1927 à Isola d’Asti, dans le Piémont. Il était secrétaire de la Secrétairerie d’Etat pour les rapports avec les Etats, c’est-à-dire "ministre
des Affaires étrangères" du Vatican, poste qu’il occupait depuis le 30 mai
1988. Sa nomination n’est pas une surprise: elle s’inscrit dans la continuité de la diplomatie vaticane. En avril dernier, il s’est rendu en Roumanie pour le rétablissement des relations diplomatiques entre cet Etat et le
Saint-Siège. Il fut durant plus de dix ans nonce apostolique au Chili, où
il a entre autres participé à la médiation de la part du Vatican entre
l’Argentine et le Chili sur la question du canal de Beagle.
Mgr Jean-Louis Tauran est né à Bordeaux le 5 avril 1943. Il est entré
dans la diplomatie vaticane en 1975, puis à la Secrétairerie d’Etat du Vatican pour les rapports avec les Etats en 1983. Il en est devenu le soussecrétaire le 3 octobre 1988. (apic/jt/cor)