Vatican : la Communauté de travail des Eglises (101188)
Rome, 10novembre(APIC/CIP) La Communauté de travail des Eglises chrétiennes en Suisse (CTEC-CH) a été reçue le matin du jeudi 10 novembre au Vatican par le pape Jean Paul II. Il a défini la visite comme "significative à
plus d’un point" et dit que les réunions de travail avec plusieurs organismes de la Curie romaine ont apporté une contribution mutuelle. Le pape a
mis l’accent sur l’eucharistie, affirmant que les positions entre
catholiques et protestants ne se rejoignent pas encore sur
l’intercommunion. Sur les mariages mixtes, Jean Paul II a déploré qu’ils
poussent trop souvent les couples à l’indifférence religieuse.
Jean Paul II a parlé de la position particulière de la Suisse dans l’histoire du christianisme. "Les noms de vos grandes villes, a-t-il dit, apparaissent à certaines époques comme ceux de lieux de mésentente, de séparation et de défiance : Genève, Zurich, Berne, Bâle, Neuchâtel. C’est votre
mission commune d’en faire des lieux de réunion, de confiance et d’espérance pour le rayonnement de l’Evangile et la joie de ceux qui y vivent".
Le pape a ensuite remarqué que durant leur visite, ils n’avaient pas
seulement traité des sujets concernant la vie interne des Eglises ou le
mouvement oecuménique, mais qu’ils avaient aussi parlé des droits de l’homme, de "l’horrible drame de la torture", de l’endettement des pays du
Tiers-Monde et de l’urgence de l’engagement oecuménique pour la justice, la
paix et la sauvegarde de la création. Le pape a ajouté que, vu la présence
dans leur pays d’organismes de toutes sortes, les chrétiens de Suisse ont
"une responsabilité particulière pour appuyer ensemble les efforts en faveur de la paix au niveau local et international". Car, "lorsque dans un
pays s’intensifient et se développent les relations et les échanges avec
les autres nations, alors la paix se construit", a déclaré le pape.
Attention envers les communautés minoritaires
A propos des problèmes spécifiquement ecclésiaux, le pape a parlé aux
membres de la Communauté de travail de leur attention au communautés minoritaires qui risquent de ne pas toujours pouvoir faire entendre leurs voix.
Il a dit que ce risque est réel partout au monde et que l’importance d’une
Eglise ne se mesure pas au nombre de ses fidèles, mais à la vigueur de leur
vie de foi. Le pape a souhaité que l’Eglise orthodoxe présente en Suisse
puisse un jour collaborer avec eux en devenant membre de leur Communauté de
travail.
Le pape a alors traité de deux problèmes spécifiques : celui de la participation à l’eucharistie et celui des mariages mixtes. Concernant l’eucharistie, le pape a déclaré que "les positions ne se rejoignent pas encore, et qu’on ne peut agir comme si ces divergences qui touchent à un point
essentiel de la foi n’existaient pas". Il a répété les mots qu’il avait
prononcés devant les protestants à Strasbourg le 9 octobre : "Comme catholique on ne peut pas laisser croire que l’impossibilité actuelle d’une commune participation à l’eucharistie soit une simple question de discipline
ecclésiatique qui peut être résolue différement selon les personnes et les
circonstances".
Le problème des mariages mixtes
En traitant des mariages mixtes, toujours plus nombreux en Suisse, le
pape a dit que le ministère pastoral spécifique dont les couples ont besoin
nécessite une collaboration régulière, efficace et confiante des Eglises.
Il a demandé une attention prioritaire pour les familles concernées. Le pape s’est demandé aussi "s’il ne faudrait pas éviter de dire trop hâtivement
qu’un mariage mixte est une ’chance pour l’oecuménisme’ quand on constate
que beaucoup de foyers concernés vivent ensuite dans l’indifférence religieuse pour des raisons d’ailleurs très diverses". Après avoir dit qu’il
est convaincu qu’il y a eu, avec cette visite à Rome, progrès oecuménique,
le pape a invité les personnes présentes à dire, chacun dans sa langue, le
Notre Père. (apic/jt/bd)