Vatican: Jean Paul II s’inquiète devant un groupe d’évêques (250188)
Rome, 25janvier(APIC/CIP) Après avoir, il y a une semaine, attiré l’attention d’un groupe d’évêques du Sud de la R.F.A. sur leur devoir de veiller à l’intégrité du dépôt de la foi, Jean Paul II, recevant samedi les
évêques de la région Nord-Ouest de la R.F.A. en visite ad limina, a proposé
une réflexion sur la vie chrétienne dans les communautés paroissiales.
Le pape s’est réjoui de la réflexion menée à ce sujet par l’Eglise de
R.F.A., dans les domaines de la liturgie, de l’apostolat des laïcs et du
renouveau de la paroisse en général. Il a toutefois déploré que "trop souvent se vérifient des malentendus désagréables" : "beaucoup attribuent au
Concile et au renouveau liturgique ce qui, en vérité, n’est pas l’intention
de l’Eglise". Le pape a rappelé que ceux qui assurent l’animation liturgique doivent être conscients d’exercer un service sacré, requérant qu’ils
s’insèrent dans toute l’Eglise, et qu’ils doivent se garder de toute accentuation excessive de leur propre personne.
Parfois "peut survenir le risque que la fonction liturgique s’affadisse
pour n’être plus qu’une oeuvre purement humaine". Or, a rappelé le pape, le
service divin a pour fonction principale la prière et l’action de grâce, et
il faut y réserver des espaces pour le silence, la méditation et la prière
personnelle.
Jean Paul II a attiré l’attention sur la sanctification du dimanche pour
une culture humaine authentique, l’eucharistie célébrée ce jour-là en paroisse étant "un moment culminant que rien ne peut remplacer".
Evoquant le renouveau paroissial, qui a donné une vitalité nouvelle en
maints endroits, le pape s’est réjoui de voir que de nombreux chrétiens s’y
consacrent, mettant leurs talents et leurs services à la disposition de la
communauté paroissiale. A cet égard, les jeunes jouent un rôle "très important" dans la collaboration avec les prêtres et les diacres engagés dans la
pastorale. Beaucoup d’entre eux suivent une formation sérieuse, et parfois
même des études théologiques. Le pape a toutefois signalé quelques difficultés dans l’attribution des tâches, soulignant que le rôle des laïcs est
de collaborer avec le clergé et non de le remplacer.
Un motif d’inquiètude : la baisse de la pratique dominicale, tandis que
la période des loisirs n’a cessé de croître. Beaucoup de baptisés se
désintéresse de la vie concrète de l’Eglise. "Si aujourd’hui beaucoup ne
viennent plus à l’église, a-t-il dit, c’est à l’Eglise d’aller les chercher. Nous devons nous préoccuper aussi de ceux qui ne viennent qu’épisodiquement et de ceux qui ne viennent plus. "
Le pape a ici souligné que, dans les pays industrialisés modernes, la
pastorale doit être aujourd’hui résolument missionnaire, à travers la
catéchèse, la prédication et "surtount un témoignage personnel dans le contact avec les autres".
Soutien aux nouveaux mouvements
Pour Jean Paul II, les nouveaux mouvements peuvent jouer à cet égard un
rôle important. "Si aujourd’hui de nouveaux groupes et mouvements apostoliques veulent apporter aux autres la nouvelle du salut avec un grand élan,
vous devez leur donner tout espace disponible et leur faire confiance. De
tels mouvements méritent une reconnaissance et un soutien essentiels, comme
l’a souligne le dernier Synode des évêques." Pour le pape, "ces nouveaux
sentiers de l’évangelisation ont déjà donné des fruits surprenants".
Dans cette tâche d’évangélisation, il s’agira, a dit le pape, de penser
surtout à la famille, cellule originelle de toute communauté chrétienne,
premier lieu d’apprentissage de la foi, lieu de rencontre entre les générations, ou s’apprennent les vertus sociales. Une attention toute particulière sera accordée aux jeunes, auxquels il reviendra de transmettre
l’héritage de la foi aux générations futures. "Consacrez-leur toute votre
énergie, a dit le pape. Ils ont besoin de votre confiance et d’un dialogue
sincère avec les adultes. De cette façon pourra être comblé le fossé énorme
qui sépare les jeunes des adultes et qui semble aujourd’hui plus grand
qu’il ne l’était pour les générations qui ont précédé."
Après avoir relevé quelques "nouvelles valeurs mises en évidence par les
adultes et qui ont été ensuite découvertes par les jeunes" - comme la paix,
le développement des peuples, le respect de l’environnement -, Jean Paul II
a évoqué enfin "une préoccupation et une douleur" : elle concerne la famille, en raison du nombre élevé des divorces, y compris chez beaucoup de
catholiques. De même, beaucoup de jeunes évitent le mariage, mais n’en vivent pas moins ensemble. Le pape a ici rappelé que "la fidélité dans le mariage est le don le plus précieux que l’Eglise doit défendre en tant que
don et tâche qui lui vient de son Seigneur". Le pape a fortement recommandé
aux évêques une sérieuse préparation au mystère du mariage vu surtout comme
sacrement.
A la fin de son dicours, le pape a encore souligné l’importance du
sacrement de la réeconciliation, en recommandant la confession individuelle. (apic/cip/bd)