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    Vatican : Jean Paul II reçoit Lech Walesa (200489)

    Rome, 20avril(APIC/CIP) Jean Paul II a reçu Lech Walesa, le leader de Solidarité, accompagné de son épouse Danuta, pendant trente minutes au Vatican le jeudi 20 avril.

    Lech Walesa, qui en est à son second jour de visite à Rome, a évoqué devant le pape le processus qui a conduit à la légalisation du syndicat Solidarité en Pologne. Celui-ci, selon le porte-parole du Vatican, "puise ses

    racines dans la doctrine sociale de l’Eglise". De son côté, le pape a uni

    sa prière à celle des évêques polonais, afin que, "grâce à l’effort de ceux

    qui ont surmonté les ressentiments et les torts qui les divisaient, le pays

    reçoive une nouvelle chance et que puissent avoir lieu les transformations

    dans la vie sociale, politique, économique et morale de la société tout

    entière".

    Lech Walesa avait déjà rencontré le 19 avril Mgr Fiorenzo Angelini, proprésident du Conseil pontifical pour la pastorale des Services de la Santé,

    qui lui a confié un don de 30.000 dollars, avant d’assister à une messe

    célébrée à l’intention de la communauté polonaise. Le 20 avril, le leader

    de Solidarité a également assisté à une messe, célébrée dans les Grottes

    Vaticanes par le cardinal polonais André-Marie Deskur, président émérite de

    la Commission pontificale pour les Moyens de Communication Sociale. Avant

    de se rendre au Vatican, Lech Walesa a visité l’Université catholique du

    Sacré-Coeur ou, devant un auditoire comble, il a rendu hommage à l’institution qui a sauvé la vie du pape (qui fut en effet hospitalisé à la clinique

    Gemelli après l’attentat du 13 mai 1981), "et ainsi, celle également de Solidarnosc". Lech Walesa a ajouté qu’il ne pourrait pas concevoir sa vie et

    celle de Solidarnosc "sans la figure de ce grand homme et Polonais qu’est

    Jean Paul II".

    L’Eglise, arbitre irremplaçable

    Dans une interview que publie le journal milanais "Corriere della Sera"

    dans son édition du 20 avril, Lech Walesa souligne le rôle irremplaçable de

    l’Eglise en Pologne.

    Le Prix Nobel de la Paix 1983 y parle d’une "symbiose parfaite et unique

    au monde" entra la société et l’Eglise, qui explique que, dans les périodes

    les plus difficiles, les rapports entre Solidarnosc et l’Eglise deviennent

    plus étroits, "sans que le syndicat y perde de son autonomie".

    "Nous ne sommes ni à droite ni à gauche, ni trop liés à l’Eglise ni

    sourds à ses conseils. (...) Nous savons que, sans l’aide de l’Eglise nous

    ne serions pas parvenus à lutter et à résister durant tant d’années. La

    population polonaise toute entière aurait probablement cédé s’il n’y avait

    eu, pour la guider, les paroles du pape et de nos évêques".

    Lech Walesa évoque aussi dans cette interview les négociations entre

    l’opposition et le gouvernement polonais, qui, à certains moments, faisait

    penser à "un ring de boxe". "L’Eglise y a joué un rôle d’arbitre, un

    arbitre excellent au point que les deux concurrents en sont sortis

    vainqueurs", a-t-il affirmé. (apic/cip/jt/bd)

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