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    Vatican : Jean Paul II fait un panorama de l’année écoulée (221289)

    "Les blocs sont contre nature"

    Vatican, 22décembre(APIC/CIP) "Notre ’vieux continent’, qui a tant donné

    aux autres, est en train de redécouvrir sa propre vocation : mettre ensemble diverses traditions culturelles pour donner vie à un humanisme dans lequel le respect des droits, la solidarité, la créativité permettent à chacun de réaliser ses plus nobles aspirations". C’est ce qu’a déclaré Jean

    Paul II à propos des récents bouleversements en Europe, dans le traditionnel discours qu’il adresse à la curie romaine à l’occasion de Noël, où il

    dresse un panorama des grands événements survenus dans le monde et dans

    l’Eglise au cours de l’année écoulée.

    Ce sont bien entendu les événements survenus à l’Est qui ont d’abord retenu l’attention du pape. Avant de les évoquer, Jean Paul II a parlé une

    nouvelle fois de l’identité et des racines européennes, pour souligner

    qu’il n’est "ni système idéologique, ni projet politique, ni programme économique, ni encadrement militaire qui puisse étouffer les aspirations de

    millions de femmes et d’hommes qui, de l’Atlantique à l’Oural et de la

    Scandinavie à la Méditérannée, savent bien comment s’est déroulée leur histoire, sous le signe de la Croix, du Livre et de la charrue". Pour le pape,

    il apparaît avec évidence à quel point les "blocs" sont artificiels et contre nature".

    Une nouvelle ère pour l’Europe

    Après les "terribles bouleversements d’il y a cinquante ans" qui "mirent

    en danger l’existence même de l’Europe", semble poindre "une nouvelle ère".

    Le pape a évoqué entre autres la Tchécoslovaquie, où la reconnaissance de

    la liberté religieuse a permis la nomination de nouveaux évêques; il a souhaité que le chemin entrepris soit poursuivi, afin de pourvoir tous les

    sièges épiscopaux, de permettre la reprise de la vie consacrée, de rouvrir

    les séminaires et de donner aux fidèles la possibilité de participer activement à la vie de l’Eglise.

    Jean Paul II, qui n’était toujours pas au courant du "départ" de Ceaucescu, a exprimé, à propos de la Roumanie, son "horreur devant la violence

    utilisée contre des citoyens sans défense, la perte de tant de vies humaines et la méconnaissance des droits de l’homme".

    En URSS, les changements en cours ont favorisé les contacts avec le

    Patriarcat de Moscou et autorisent à penser que, dans un proche avenir, les

    uniates retrouveront "la pleine liberté de confesser la foi catholique et

    d’en donner témoignage", a déclaré Jean Paul II, confiant que ces contacts

    entre l’Eglise catholique et l’Eglise orthodoxe russe permettront de

    "résoudre ensemble ces problèmes". Il a affirmé que l’Eglise catholique

    contribuera pour sa part à la "reconstruction d’une Europe sans frontières,

    qui ne renie pas les racines chrétiennes qui l’ont fait naître", avant de

    renouveler son appel à une nouvelle évangélisation, une tâche "urgente"

    face à la déchristianisation et à l’athéisme.

    Le continent américain et le Moyen-Orient

    Le pape a poursuivi son panorama en évoquant le continent américain, où

    se sont produits récemment "de tristes événements de violence et de sang" :

    "l’horrible assassinat" de six jésuites au Salvador; "l’assassinat barbare"

    de l’évêque d’Arauca, en Colombie; le terrorisme qui frappe diverses

    parties du continent, suscitant "une profonde amertume et une vive

    exécration"; la guerre contre le commerce de la drogue; les combats qui

    font tant de victimes innocentes et causent de graves dommages à la

    population civile au Panama.

    En venant ensuite à la situation au Moyen-Orient, Jean Paul II a rappelé

    que les Palestiniens restent privés du droit à une patrie où ils se sentiraient des citoyens à part entière. Il a demandé au Seigneur d’"éloigner du

    coeur des Palestiniens la tentation de la violence aveugle, qui n’engendre

    que mort et destruction".

    Le pape a aussi eu une pensée pour les Israéliens, disant son espoir

    qu’ils sauront "collaborer entre eux et avec la communauté internationale,

    en suivant courageusement le chemin de l’équité". Une pensée encore pour

    les Libanais, auxquels il a souhaité de pouvoir parvenir à l’entente. Le

    pape a demandé enfin aux autres peuples de la région d’être des artisans de

    paix.

    Dans l’Eglise

    Jean Paul II a ensuite rappelé une série d’événements qui ont marqué la

    vie de l’Eglise : la visite au Vatican du primat de la Communion anglicane,

    Robert Runcie; son voyage, "jusqu’il y a peu impensable", dans les pays

    nordiques; le Rassemblement oecuménique de Bâle "Paix et Justice" " où,

    "pour la première fois, depuis l’époque des séparations, toutes les Eglises

    et communautés ecclésiales d’Europe ont manifesté ensemble leur volonté de

    servir la paix et la justice sur la base de l’Evangile"; ses voyages à Séoul, en Indonésie, à Timor Est et à l’Ile Maurice, puis à Madagascar, à la

    Réunion, en Zambie et au Malawi; la préparation du synode africain, qui

    s’annonce comme "un événement déterminant pour l’évangélisation du continent au seuil du nouveau millénaire; il a encore rencontré avec les responsables de la curie les épiscopats des Etats-Unis et de RFA. (apic/cipjt/mg)

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