"Les blocs sont contre nature"
Vatican, 22décembre(APIC/CIP) "Notre ’vieux continent’, qui a tant donné
aux autres, est en train de redécouvrir sa propre vocation : mettre ensemble diverses traditions culturelles pour donner vie à un humanisme dans lequel le respect des droits, la solidarité, la créativité permettent à chacun de réaliser ses plus nobles aspirations". C’est ce qu’a déclaré Jean
Paul II à propos des récents bouleversements en Europe, dans le traditionnel discours qu’il adresse à la curie romaine à l’occasion de Noël, où il
dresse un panorama des grands événements survenus dans le monde et dans
l’Eglise au cours de l’année écoulée.
Ce sont bien entendu les événements survenus à l’Est qui ont d’abord retenu l’attention du pape. Avant de les évoquer, Jean Paul II a parlé une
nouvelle fois de l’identité et des racines européennes, pour souligner
qu’il n’est "ni système idéologique, ni projet politique, ni programme économique, ni encadrement militaire qui puisse étouffer les aspirations de
millions de femmes et d’hommes qui, de l’Atlantique à l’Oural et de la
Scandinavie à la Méditérannée, savent bien comment s’est déroulée leur histoire, sous le signe de la Croix, du Livre et de la charrue". Pour le pape,
il apparaît avec évidence à quel point les "blocs" sont artificiels et contre nature".
Une nouvelle ère pour l’Europe
Après les "terribles bouleversements d’il y a cinquante ans" qui "mirent
en danger l’existence même de l’Europe", semble poindre "une nouvelle ère".
Le pape a évoqué entre autres la Tchécoslovaquie, où la reconnaissance de
la liberté religieuse a permis la nomination de nouveaux évêques; il a souhaité que le chemin entrepris soit poursuivi, afin de pourvoir tous les
sièges épiscopaux, de permettre la reprise de la vie consacrée, de rouvrir
les séminaires et de donner aux fidèles la possibilité de participer activement à la vie de l’Eglise.
Jean Paul II, qui n’était toujours pas au courant du "départ" de Ceaucescu, a exprimé, à propos de la Roumanie, son "horreur devant la violence
utilisée contre des citoyens sans défense, la perte de tant de vies humaines et la méconnaissance des droits de l’homme".
En URSS, les changements en cours ont favorisé les contacts avec le
Patriarcat de Moscou et autorisent à penser que, dans un proche avenir, les
uniates retrouveront "la pleine liberté de confesser la foi catholique et
d’en donner témoignage", a déclaré Jean Paul II, confiant que ces contacts
entre l’Eglise catholique et l’Eglise orthodoxe russe permettront de
"résoudre ensemble ces problèmes". Il a affirmé que l’Eglise catholique
contribuera pour sa part à la "reconstruction d’une Europe sans frontières,
qui ne renie pas les racines chrétiennes qui l’ont fait naître", avant de
renouveler son appel à une nouvelle évangélisation, une tâche "urgente"
face à la déchristianisation et à l’athéisme.
Le continent américain et le Moyen-Orient
Le pape a poursuivi son panorama en évoquant le continent américain, où
se sont produits récemment "de tristes événements de violence et de sang" :
"l’horrible assassinat" de six jésuites au Salvador; "l’assassinat barbare"
de l’évêque d’Arauca, en Colombie; le terrorisme qui frappe diverses
parties du continent, suscitant "une profonde amertume et une vive
exécration"; la guerre contre le commerce de la drogue; les combats qui
font tant de victimes innocentes et causent de graves dommages à la
population civile au Panama.
En venant ensuite à la situation au Moyen-Orient, Jean Paul II a rappelé
que les Palestiniens restent privés du droit à une patrie où ils se sentiraient des citoyens à part entière. Il a demandé au Seigneur d’"éloigner du
coeur des Palestiniens la tentation de la violence aveugle, qui n’engendre
que mort et destruction".
Le pape a aussi eu une pensée pour les Israéliens, disant son espoir
qu’ils sauront "collaborer entre eux et avec la communauté internationale,
en suivant courageusement le chemin de l’équité". Une pensée encore pour
les Libanais, auxquels il a souhaité de pouvoir parvenir à l’entente. Le
pape a demandé enfin aux autres peuples de la région d’être des artisans de
paix.
Dans l’Eglise
Jean Paul II a ensuite rappelé une série d’événements qui ont marqué la
vie de l’Eglise : la visite au Vatican du primat de la Communion anglicane,
Robert Runcie; son voyage, "jusqu’il y a peu impensable", dans les pays
nordiques; le Rassemblement oecuménique de Bâle "Paix et Justice" " où,
"pour la première fois, depuis l’époque des séparations, toutes les Eglises
et communautés ecclésiales d’Europe ont manifesté ensemble leur volonté de
servir la paix et la justice sur la base de l’Evangile"; ses voyages à Séoul, en Indonésie, à Timor Est et à l’Ile Maurice, puis à Madagascar, à la
Réunion, en Zambie et au Malawi; la préparation du synode africain, qui
s’annonce comme "un événement déterminant pour l’évangélisation du continent au seuil du nouveau millénaire; il a encore rencontré avec les responsables de la curie les épiscopats des Etats-Unis et de RFA. (apic/cipjt/mg)