Vatican : Jean Paul II a reçu le président du Nicaragua
Rome, 29janvier(APIC/CIP) Le pape Jean Paul II a reçu en audience privée
au Vatican, vendredi 29 janvier, le président du Nicaragua, Daniel Ortega.
Le président du Nicaragua, qui est arrivé vers 11h, était accompagné de
onze personnes, dont son épouse et l’ambassadeur de son pays près le
Saint-Siège. En revanche, le ministre des affaires étrangères du Nicaragua,
Miguel d’Escoto, ne l’accompagnait pas. C’est l’un des trois prêtres
occupant un poste ministériel dans le gouvernement nicaraguayen et dont l’
activité politique est désapprouvée par le Vatican.
L’entretien privé entre Daniel Ortega e Jean Paul II s’est passé dans la
bibliothèque privée du pape. Il a duré trente minutes. Les deux
interlocuteurs se sont exprimés en espagnol, sans recourir dès lors à la
présence d’un interprète.
Selon un commentaire "à chaud" du directeur de la salle de presse du
Saint-Siège, Joachim Navarro Valls, le président Ortega a parlé de
l’évolution des négociations entreprises en vue de promouvoir la paix dans
la région. Il a demandé que le Saint-Siège encourage ce processus.
De son côté, toujours selon Navarro Valls, le pape a confirmé la sollicitude avec laquelle il suit quotidiennement par la pensée et la prière le
drame que vivent, depuis des années, les populations d’Amérique Centrale.
Jean Paul II a formulé le voeu pressant que l’on en arrive bientôt à la
paix dans la région. Il a souligné la nécessité que cette paix soit obtenue
au moyen d’un dialogue loyal, dans le respect des droits et des libertés
fondamentales de tous. Le pape a également répété ce qu’il avait déja affirmé, dans son discours adressé le 9 janvier au corps diplomatique accrédité près le Saint-Siège : le plan de paix élaboré pour l’Amérique Centrale
et signé l’an dernier par les représentants des pays concernés doit être
appliqué dans toutes ses clauses. Il ne faut donc en négliger aucun
élément. En particulier, il convient de respecter le droit des populations
à vivre dans un régime qui obéit aux principes d’une vraie démocratie.
A ce propos, a ajouté le pape, l’encouragement du Saint-Siège et de
toute l’Eglise ne peut faire défaut, comme le montre le rôle de médiateur
joué par le cardinal Miguel Obando Bravo, archeveque de Managua, et comme
le montrent aussi les efforts d’autres responsables d’Eglise.
La rencontre du 29 janvier était le second entretien que le président
Ortega avait au Vatican avec Jean Paul II. Daniel Ortega était déjà venu
rendre visite au pape en mars 1980, c’est-à-dire peu après la constitution
du gouvernement sandiniste de Managua. Entre ces deux dates, cependant,
Jean Paul II s’était lui-même rendu au Nicaragua, en mars 1983, pour un
voyage pastoral au cours duquel il avait aussi eu une entrevue avec Daniel
Ortega.
Au cours de la semaine qui s’achève, le pape a également reçu au Vatican
l’archevêque de la capitale nicaraguayenne, le cardinal Obando Bravo, qui
n’était cependant pas présent à Rome lors de la visite du président Ortega.
(apic/jt/be)