Vatican II: le rôle des évêques et des laïcs reconnu
tre historique entre le pape Paul VI et le patriarche Athénagoras à Jérusalem, où l’excommunication réciproque a été levée, ainsi que les premières
célébrations oecuméniques rassemblant à Rome des anglicans, des luthériens
et des vieux-catholiques sont pour moi des souvenirs vivants ! Le Concile
Vatican II a répondu à beaucoup d’aspirations des vieux-catholiques: une
nouvelle vision ecclésiologique, qui reconnaît le rôle des évêques et prend
aussi les laïcs au sérieux... L’établissement de dialogues théologiques officiels et la "Note de Zurich", un accord sur l’assistance pastorale réciproque - dans un cadre qui demeure néanmoins restreint - montrent combien
les deux Eglises sont réellement proches l’une de l’autre.
Le renouveau liturgique lui aussi, qui n’a pas commencé avec le Concile
Vatican II, mais déjà avant, a fait naître beaucoup de joie et d’espérances. Peut-être est-on allé trop loin dans l’expérimentation, et cela a pu
donner naissance au mouvement intégriste et à Ecône. Quant à savoir si tout
ce que le Concile Vatican II a apporté de neuf a été réellement pris au sérieux par tous, c’est une autre question. Par exemple, les évêques américains ont été mis au pas et réprimés dans leurs attentes...
J’ai vécu moi-même le Synode 72, qui a été une tentative de traduire les
résultats du Concile Vatican II dans l’Eglise de Suisse. Les autres Eglises
ont été associées aux travaux préparatoires du Synode 72; l’Eglise vieillecatholique a pu apporter son expérience synodale surtout par le professeur
Kurt Stalder, de Berne. Je devais représenter notre Eglise avec Madame Liliane Krämer, de Neuchâtel. Nous nous sommes réjouis ensemble, nous avons
souffert ensemble, nous avons espéré ensemble... C’était une expérience oecuménique très profonde. Il était question de la coresponsabilité des
laïcs, de l’assistance aux divorcés, de l’hospitalité eucharistique...
J’étais impressionné par l’écoute patiente et pleine de compréhension des
évêques...
De nombreuses attentes, notamment concernant les mariages mixtes, ont
été déçues par la suite, et d’abord par la lettre d’avertissement des évêques suisses sur l’hospitalité eucharistique. Ce fut très dur non seulement
pour les observateurs du Synode 72, mais particulièrement aussi pour les
mariages mixtes. Mais beaucoup de choses se sont développées positivement,
l’engagement des laïcs pour le tiers monde et la justice sur le plan économique. La collaboration pastorale oecuménique lors de mariages, dans les
hôpitaux et les foyers aussi. Je désire tout simplement que les aspirations
du Concile Vatican II et du Synode 72 soient réalisées sans crainte. Je le
dis en tant que représentant d’une Eglise qui depuis 120 ans a fait de cette façon des expériences positives avec ces réformes.
Franz Murbach, curé vieux-catholique d’Olten