Vatican II: 25 ans d’une espérance qui continue
le Vatican II: L’Eglise catholique s’engageait dans une réforme liturgique
qui valorisait le peuple de Dieu. Elle demandait aux fidèles de s’engager
dans l’oecuménisme et de faire les premiers pas vers leurs frères séparés
et de développer dans leur propre paroisse un effort soutenu de rénovation
et de réforme. Les autres Eglises sont entrées avec joie dans cette collaboration fraternelle et ont partagé dès lors la prière, la liturgie, la catéchèse, l’entraide, certains engagements dans la vie de la société, et,
bien sûr aussi, la réflexion théologique. Cette poussée oecuménique a jailli partout, dans les paroisses, parmi les clercs et les laïcs, sans oublier
la visite du pape en 1984 et l’enthousiasme du rassemblement européen de
Bâle en 1989. La méditation biblique et la prière soutiennent le combat
pour l’unité. Mais cette liberté toute nouvelle accordée aux chrétiens séparés a conduit certains d’entre eux à se faire une sorte de religion "à la
carte" en prenant des éléments de leur foi das l’une ou l’autre de nos confessions et ces mélanges font que certains ne reconnaissent plus leur Eglise, et sont désécurisés au plan de la foi. Nos Eglises ont ainsi tendance à
retrouver leur identité dans leur histoire et dans leur tradition pour se
situer par rapport aux autres Eglises et rassurer leurs membres. Comme les
dialogues théologiques entre les Eglises sont plus difficiles parce qu’ils
touchent aux thèmes essentiels de la foi et comme le processus de réception
des documents issus de ces dialogues (par exemple, le BEM-Baptême, eucharistie, ministère) prend des années, on a vraiment l’impression que l’oecuménisme s’est ralenti et la lassitude s’installe.
Cette étape sans doute nécessaire ne doit pas étouffer les progrès déjà
accomplis. La prière du Christ: "Que tous soient uns...afin que le monde
croie" (Jean 17/21) demeure le moteur et le soutien de l’oecuménisme. Réformés , catholiques, membres de la Communauté de travail des Eglises chrétiennes en Suisse ou du COE, nous sommes engagés dans cette prière du
Christ. Témoins de la réconciliation des hommes et des femmes avec Dieu,
membres d’Eglises en voie de réconciliation, nous pouvons et devons sans
cesse relever le défi de la marche vers l’unité, même quand elle est difficile, et nous rappeler qu’une marche réclame des actes et non pas des discours. D’ailleurs, le Saint-Esprit renouvelle notre espérance de l’unité.
Jean-Pierre Jornod, pasteur